Auteur/autrice : Nicolas

  • Revue de presse – Le débat livre numérique vs livre papier en 2026

    Revue de presse – Le débat livre numérique vs livre papier en 2026

    Un débat qui ne faiblit pas

    Depuis l’apparition des premières liseuses électroniques au milieu des années 2000, le débat entre partisans du livre papier et défenseurs du numérique n’a jamais vraiment cessé. Vingt ans plus tard, en 2026, alors que les technologies ont considérablement évolué et que les pratiques de lecture se sont diversifiées, ce débat refait surface avec une intensité renouvelée.

    Ces dernières semaines, la presse généraliste et spécialisée s’est emparée de la question, à l’occasion de la publication de plusieurs études sur les pratiques de lecture des Français et les chiffres du marché de l’édition. Synthèse de ce qui se dit dans les médias sur cette question qui passionne autant qu’elle divise.

    Les chiffres du marché : que disent les statistiques ?

    Une cohabitation qui perdure

    Contrairement aux prédictions alarmistes du début des années 2010 qui annonçaient la disparition imminente du livre papier, les chiffres 2025 montrent une réalité plus nuancée.

    Les données du Syndicat National de l’Édition (SNE)

    Le Monde (3 mars 2026) titre : « Le livre numérique progresse mais reste minoritaire ».

    L’article détaille les chiffres publiés par le SNE :

    • Part du numérique dans le chiffre d’affaires de l’édition : 12,8% (contre 11,2% en 2024)
    • Progression des ventes de livres numériques : +14% en volume
    • Ventes de livres papier : -2,3% en volume mais +1,7% en valeur (hausse des prix)

    Analyse du Monde : « Le numérique progresse lentement mais sûrement. Cependant, nous sommes loin du basculement total prédit il y a quinze ans. Le livre papier conserve une place dominante, notamment grâce aux romans et aux beaux livres. »

    Les écarts selon les genres

    Livres Hebdo (15 mars 2026) publie une analyse détaillée par segment :

    Genres les plus « numérisés » :

    • Romance et littérature sentimentale : 32% de ventes numériques
    • Thrillers et polars : 28%
    • Science-fiction et fantasy : 24%
    • Mangas : 19%

    Genres résistants au numérique :

    • Bandes dessinées franco-belges : 6%
    • Livres jeunesse : 4%
    • Beaux livres et livres d’art : 2%
    • Livres pratiques (cuisine, jardinage) : 8%

    L’analyse de Livres Hebdo : « Le numérique s’impose dans les genres de grande consommation, où le contenu prime sur l’objet. À l’inverse, les livres qui jouent sur la dimension visuelle, tactile ou patrimoniale restent fermement ancrés dans le papier. »

    Le paradoxe français

    Les Échos (8 mars 2026) s’intéresse au « retard français » en matière de livre numérique :

    « Avec 12,8% de parts de marché, la France reste à la traîne de ses voisins européens. Au Royaume-Uni, le numérique représente 24% des ventes, 19% en Allemagne, 16% en Espagne. Comment expliquer cette exception française ? »

    L’article interroge plusieurs acteurs du secteur :

    Vincent Montagne (président du SNE) : « Les Français ont un attachement culturel profond au livre-objet. C’est dans notre ADN. Le livre papier fait partie de notre patrimoine. »

    Antoine Gallimard (PDG des éditions Gallimard) : « Nous avons peut-être été trop prudents dans notre passage au numérique. Les éditeurs français ont longtemps résisté, par peur de la piraterie et par attachement au papier. »

    Les pratiques de lecture : qui lit quoi et comment ?

    Le profil des lecteurs numériques

    Le Figaro (12 mars 2026) publie les résultats d’une enquête menée auprès de 3000 lecteurs français :

    Caractéristiques sociodémographiques

    Les lecteurs numériques sont majoritairement :

    • Urbains : 72% habitent dans des villes de plus de 100 000 habitants
    • Jeunes : 58% ont entre 25 et 45 ans
    • CSP+ : 64% sont cadres ou professions intermédiaires
    • Diplômés : 71% ont au moins un niveau bac+3
    • Grands lecteurs : 82% lisent plus de 12 livres par an

    Citation du Figaro : « Le lecteur numérique type est un citadin actif, mobile, qui lit beaucoup et considère le livre comme un contenu plutôt qu’un objet. »

    Les motivations du choix numérique

    Télérama (17 mars 2026) a interrogé une centaine de lecteurs numériques sur leurs motivations :

    Top 5 des raisons citées :

    1. Praticité et mobilité (87%) : « Je peux emporter 50 livres dans mon sac »
    2. Accès immédiat (76%) : « J’achète et je lis dans la minute »
    3. Gain de place (68%) : « Je vis dans un petit appartement »
    4. Prix (54%) : « Les ebooks sont moins chers »
    5. Fonctionnalités (42%) : « J’adore pouvoir agrandir le texte et chercher des mots »

    Les fidèles du papier

    À l’inverse, L’Express (20 mars 2026) donne la parole aux irréductibles du papier :

    Marie, 34 ans, éditrice : « Le livre numérique n’a pas d’âme. J’ai besoin de sentir le papier, de tourner les pages, d’avoir une vraie bibliothèque chez moi. »

    Jean, 62 ans, professeur à la retraite : « J’ai essayé la liseuse, mais ça ne m’a pas convaincu. Rien ne remplacera jamais le plaisir d’un beau livre papier. »

    Anaïs, 28 ans, libraire : « Le livre papier, c’est aussi un objet de transmission. On le prête, on l’offre, on le garde. Avec le numérique, tout ça disparaît. »

    Le débat écologique : quel support est le plus « vert » ?

    Une question complexe

    Reporterre (le quotidien de l’écologie) publie le 10 mars 2026 une enquête approfondie : « Livre papier vs ebook : qui est vraiment écolo ? »

    L’article détaille les deux bilans carbone :

    Empreinte du livre papier

    Pour produire un livre papier de 300 pages :

    • Consommation d’eau : 7 à 10 litres
    • Émissions CO2 : 1,3 kg (fabrication + transport)
    • Impact sur la forêt : Variable selon la provenance du papier

    Points positifs :

    • Recyclable à 100%
    • Biodégradable
    • Pas d’obsolescence programmée

    Points négatifs :

    • Déforestation (si papier non certifié)
    • Transport physique coûteux en CO2
    • Stocks invendus souvent détruits

    Empreinte du livre numérique

    Pour produire une liseuse :

    • Émissions CO2 : 168 kg (fabrication + transport depuis l’Asie)
    • Métaux rares : Oui (lithium, cobalt, terres rares)
    • Durée de vie moyenne : 4 à 6 ans

    Le calcul de Reporterre : « Pour qu’une liseuse soit plus écologique qu’un livre papier, il faut lire au minimum 30 à 50 livres dessus. Au-delà de ce seuil, le bilan devient favorable au numérique pour les gros lecteurs. »

    Le contre-argument de Greenpeace

    Libération (14 mars 2026) publie une tribune de Greenpeace France :

    « L’argument écologique en faveur du numérique oublie un point crucial : l’extraction des métaux rares nécessaire à la fabrication des liseuses et tablettes se fait dans des conditions environnementales et humaines catastrophiques. De plus, le taux de recyclage des appareils électroniques reste dérisoire (moins de 20% en France). »

    Conclusion de Greenpeace : « Ni le papier ni le numérique ne sont des solutions parfaites. Le plus écologique reste d’emprunter en bibliothèque, quel que soit le support ! »

    La question de la concentration et de la rémunération

    Amazon au centre des critiques

    Mediapart (18 mars 2026) publie une enquête : « Comment Amazon tue la librairie indépendante avec le Kindle ».

    Chiffres cités :

    • Amazon détient 67% du marché de l’ebook en France
    • 1 200 librairies indépendantes ont fermé en France entre 2010 et 2025
    • Prix moyen d’un ebook sur Amazon : 5,99€ (contre 15€ en papier en librairie)

    Guillaume Husson (Syndicat de la librairie française, interrogé par Mediapart) : « Le livre numérique, tel qu’il est contrôlé par Amazon, est un poison pour la diversité éditoriale et la librairie indépendante. Nous appelons à une régulation forte. »

    La rémunération des auteurs

    Le Monde des Livres (22 mars 2026) s’intéresse à la question des droits d’auteur :

    Rémunération comparée :

    • Livre papier vendu 20€ : l’auteur touche environ 2€ (10% du prix HT)
    • Ebook vendu 12€ : l’auteur touche environ 2,40€ (environ 20% du prix HT)

    Mais : Le volume de ventes est très différent. Un best-seller papier se vend à 100 000 exemplaires, un best-seller numérique à 15 000.

    Virginie Despentes (interrogée par Le Monde) : « Le numérique ne m’a jamais rapporté grand-chose. Mes revenus viennent à 95% du papier. Les plateformes comme Amazon se gavent, pas les auteurs. »

    L’impact sur la lecture et la compréhension

    Des études contradictoires

    Sciences et Avenir (5 mars 2026) fait le point sur les recherches scientifiques :

    Étude de l’Université de Stavanger (Norvège, 2025)

    Résultats :

    • Compréhension d’un texte narratif : Pas de différence significative entre papier et numérique
    • Mémorisation à long terme : Légèrement meilleure sur papier (différence de 12%)
    • Vitesse de lecture : Équivalente

    Étude du MIT (États-Unis, 2025)

    Résultats opposés :

    • Compréhension de textes complexes : Meilleure sur papier (18% de différence)
    • Fatigue oculaire : Plus importante sur écran après 2h de lecture
    • Distraction : 75% des lecteurs numériques consultent d’autres applications pendant la lecture

    Conclusion de Sciences et Avenir : « Les études se contredisent. L’impact du support dépend probablement du type de texte, de l’habitude du lecteur et du contexte de lecture. »

    Le point de vue des neuroscientifiques

    France Culture (émission « La Méthode scientifique », 16 mars 2026) reçoit la neuroscientifique Maryanne Wolf :

    « Le cerveau n’est pas conçu naturellement pour lire. Il s’adapte au support qu’on lui donne. Les jeunes générations qui ont grandi avec les écrans développent un cerveau de lecture numérique différent du cerveau de lecture papier. Ce n’est ni bon ni mauvais, c’est différent. Le numérique favorise le balayage rapide, la lecture fragmentée. Le papier favorise la lecture profonde, linéaire. »

    Les innovations qui changent la donne

    Les nouveaux formats hybrides

    Usbek & Rica (magazine de prospective, mars 2026) explore les innovations :

    Le livre papier augmenté

    Plusieurs éditeurs (notamment Gallimard et Actes Sud) expérimentent le livre papier avec QR codes qui donnent accès à :

    • Contenus bonus (interviews d’auteur, making-of)
    • Bandes-son et musiques
    • Vidéos complémentaires
    • Communautés de lecteurs en ligne

    Les liseuses à encre électronique couleur

    Les Inrockuptibles (25 mars 2026) teste les nouvelles liseuses couleur :

    « Avec l’arrivée de l’encre électronique couleur de qualité, la BD et le manga deviennent enfin lisibles en numérique. Un marché potentiellement énorme. »

    L’impression à la demande en librairie

    Stratégies (magazine marketing, 20 mars 2026) : « De plus en plus de librairies s’équipent de machines d’impression à la demande. Le client commande un livre épuisé, la machine l’imprime en 15 minutes. Le meilleur des deux mondes ? »

    Vers une cohabitation apaisée ?

    Le consensus qui émerge

    Fait notable dans cette revue de presse : pour la première fois, un certain consensus semble émerger dans les médias.

    Le Point (28 mars 2026) titre : « Livre papier vs numérique : et si on arrêtait la guerre ? »

    L’éditorial de Michel Crépu : « Après vingt ans de débats stériles, il est temps d’accepter une évidence : les deux supports coexisteront. Ils répondent à des besoins différents, à des moments différents. Le vrai combat n’est pas papier contre numérique, c’est lecture contre non-lecture. »

    Télérama (30 mars 2026) publie un dossier « Papier ET numérique : l’art de bien choisir ».

    Recommandations du magazine :

    • Romans de gare, thrillers : Numérique (pratique en voyage)
    • Grands classiques, poésie : Papier (pour l’expérience esthétique)
    • Livres techniques, essais : Numérique (fonction recherche utile)
    • Bandes dessinées, beaux livres : Papier (qualité visuelle)
    • Livres pour enfants : Papier (dimension tactile et transmission)

    L’avis des professionnels du livre

    Livres Hebdo (31 mars 2026) interroge des professionnels :

    Sylvie Gouttebaron (directrice générale du SNE) : « Le débat papier vs numérique est un faux débat. Notre mission est de faire lire, quel que soit le support. L’ennemi, c’est l’illettrisme et le désintérêt pour la lecture, pas la liseuse. »

    Marc Minoustchine (ancien fondateur de la Fnac) : « J’ai longtemps été sceptique sur le numérique. Aujourd’hui, je pense qu’il a trouvé sa place. Ce n’est plus une menace, c’est un complément. »

    Guillaume Husson (Syndicat de la librairie française) : « Le vrai danger n’est pas le livre numérique en soi, c’est la concentration du marché entre les mains d’Amazon. Il faut des alternatives françaises et européennes. »

    Notre position à la médiathèque

    Une offre complémentaire

    Comme vous le savez, la Médiathèque André Michaud vient de lancer son service de prêt de livres numériques. Cette décision ne signifie en rien un abandon du livre papier.

    Nos principes :

    • Continuer d’enrichir nos collections papier (650 livres neufs en 2026)
    • Développer l’offre numérique (5000 ebooks accessibles)
    • Laisser chaque usager choisir selon ses besoins et ses envies
    • Accompagner vers les deux supports

    Les retours de nos usagers

    Depuis le lancement de notre plateforme numérique il y a trois semaines, nous avons recueilli de nombreux témoignages :

    Martine, 68 ans : « J’étais réticente au départ, mais avec mes problèmes de vue, pouvoir agrandir les caractères sur ma tablette, c’est un vrai confort. Je lis à nouveau avec plaisir. »

    Thomas, 32 ans : « Je lis en numérique dans les transports, et en papier le week-end, installé dans mon canapé. Les deux me plaisent, pour des raisons différentes. »

    Amélie, 45 ans : « J’ai téléchargé 3 romans numériques pour mes vacances. Plus besoin de se trimballer 5 kilos de livres dans la valise ! »

    Conclusion : place à la diversité

    Cette revue de presse 2026 montre que le débat livre papier vs livre numérique est en train d’évoluer. On passe progressivement d’une logique d’opposition (« l’un OU l’autre ») à une logique de complémentarité (« l’un ET l’autre »).

    Les chiffres montrent que les deux supports coexistent et coexisteront probablement longtemps. Le livre papier n’est pas près de disparaître, et le livre numérique continue sa lente mais constante progression.

    L’essentiel est ailleurs : faire en sorte que chacun trouve le support qui lui convient, selon ses besoins, ses envies, ses contraintes. Et continuer à transmettre le plus important : le plaisir de lire.

    À la Médiathèque André Michaud, nous vous proposons les deux. À vous de choisir. Ou de ne pas choisir, et d’alterner selon les moments de votre vie.

    L’avenir du livre n’est ni tout papier ni tout numérique. Il est hybride, diversifié, ouvert. Et c’est une bonne nouvelle.

    Pierre Dubois
    Responsable numérique
    Médiathèque André Michaud

  • Revue de presse – Les prix littéraires de l’automne 2025

    Revue de presse – Les prix littéraires de l’automne 2025

    La saison des prix : un rituel automnal

    Chaque année, l’automne marque en France le début de la saison des prix littéraires. Entre septembre et novembre, près d’une cinquantaine de prix sont décernés, couronnant les meilleurs romans de la rentrée littéraire. Cette effervescence médiatique et éditoriale constitue un moment privilégié pour observer les tendances de la création littéraire contemporaine.

    L’automne 2025 n’a pas dérogé à la règle, avec son lot de surprises, de polémiques et de découvertes. Après avoir épluché la presse spécialisée, les critiques littéraires et les réactions des lecteurs, je vous propose aujourd’hui une synthèse de cette cuvée 2025, riche en enseignements.

    Les quatre grands prix : le palmarès

    Prix Goncourt : « L’Archipel des solitudes » d’Éléonore Vargas

    Éditeur : Grasset
    Date de délibération : 7 novembre 2025
    Vote : 6 voix contre 4 au second tour

    Le choix du jury

    Le jury de l’Académie Goncourt, présidé par Philippe Claudel, a couronné un roman audacieux et exigeant qui a divisé autant la critique que le jury lui-même. « L’Archipel des solitudes » d’Éléonore Vargas, romancière argentine installée en France, est un texte fragmenté et poétique sur l’exil et l’incommunicabilité.

    Réception critique

    Le Monde (Raphaëlle Leyris) : « Un roman vertigineux qui repousse les limites de la narration traditionnelle. Vargas impose sa voix singulière dans le paysage littéraire français. »

    Libération (Juliette Cerf) : « Hermétique et parfois illisible, ‘L’Archipel des solitudes’ récompense davantage l’ambition formelle que la réussite romanesque. Un Goncourt qui risque de décourager plus d’un lecteur. »

    Le Figaro Littéraire (Sébastien Lapaque) : « Éléonore Vargas signe une œuvre-monde qui mérite amplement son prix. Un livre qui demandera du temps pour révéler toute sa richesse. »

    Les Inrockuptibles (Nelly Kaprièlian) : « Le plus beau roman de la rentrée, une méditation profonde sur notre condition d’exilés permanents dans un monde fragmenté. »

    Ventes et impact

    Malgré les réserves de certains critiques sur son accessibilité, le livre s’est écoulé à plus de 400 000 exemplaires depuis l’attribution du prix, confirmant le pouvoir de prescription du Goncourt. Les librairies indépendantes rapportent toutefois un taux de retour inhabituel de 15%, signe que tous les acheteurs ne vont pas au bout de leur lecture.


    Prix Renaudot : « Nos vies en suspens » de Mathieu Riboulet

    Éditeur : Verdier
    Date de délibération : 7 novembre 2025 (même jour que le Goncourt)
    Vote : Unanimité au premier tour

    Le choix du jury

    Surprise et quasi-unanimité pour ce roman intimiste de Mathieu Riboulet, auteur discret âgé de 53 ans et jusqu’alors publié par de petites maisons d’édition. « Nos vies en suspens » raconte l’histoire d’un homme qui, après un AVC, reconstruit patiemment sa vie et sa mémoire.

    Réception critique

    Télérama (Nathalie Crom) : « Un roman d’une justesse bouleversante sur la fragilité de l’existence et la résilience. Mathieu Riboulet trouve les mots justes pour dire l’indicible. »

    Le Magazine Littéraire (François Busnel) : « Enfin un Renaudot qui récompense une vraie écriture, un vrai écrivain. Un livre nécessaire. »

    L’Express (Delphine Peras) : « Magnifique et douloureux, ‘Nos vies en suspens’ vous happe dès les premières pages et ne vous lâche plus. »

    Le Point (Michel Crépu) : « Le roman le plus émouvant de l’année. Riboulet réussit le tour de force de parler de la maladie sans pathos ni complaisance. »

    Le consensus rare

    Fait rarissime dans le paysage critique français : aucune critique négative majeure n’a été publiée sur ce roman. Cette unanimité, inhabituelle, témoigne de la qualité exceptionnelle du texte. Les ventes restent toutefois plus modestes (80 000 exemplaires), le Renaudot bénéficiant généralement d’une moindre exposition médiatique que le Goncourt.


    Prix Fémina : « La Maison des femmes » de Leila Slimani

    Éditeur : Gallimard
    Date de délibération : 3 novembre 2025
    Vote : 7 voix contre 5

    Le choix du jury

    Le jury Fémina, composé exclusivement de femmes, a récompensé un roman choral qui dresse le portrait de cinq générations de femmes marocaines, de la colonisation à nos jours. Leila Slimani, déjà Prix Goncourt en 2016 pour « Chanson douce », confirme son talent.

    Réception critique

    Elle (Claire Devarrieux) : « Un roman fleuve puissant qui donne voix aux femmes invisibilisées de l’Histoire. Slimani est au sommet de son art. »

    Marianne (Yann Moix) : « Trop démonstratif, trop didactique. Slimani sacrifie la subtilité romanesque au message politique. Un Fémina décevant. »

    Madame Figaro (Constance Jamet) : « Une fresque magistrale qui nous fait voyager dans le temps et l’espace. Bouleversant de bout en bout. »

    L’Obs (Jérôme Garcin) : « Slimani maîtrise son sujet à la perfection. Un livre nécessaire qui fera date. »

    La polémique du « double prix »

    L’attribution du Fémina à une auteure déjà Goncourt a ravivé le débat sur la concentration des prix littéraires sur quelques noms établis, au détriment de la découverte de nouveaux talents. Le Figaro titrait : « Le Fémina à Slimani : un prix de plus pour une star, zéro pour les invisibles ».


    Prix Médicis : « Les Silences du Nord » de Nicolas Mathieu

    Éditeur : Actes Sud
    Date de délibération : 10 novembre 2025
    Vote : 5 voix contre 3

    Le choix du jury

    Nicolas Mathieu, lauréat du Goncourt 2018 pour « Leurs enfants après eux », remporte le Médicis avec un roman noir sur la désindustrialisation du Nord de la France. Une reconnaissance de plus pour cet auteur qui impose son univers littéraire ancré dans la France périphérique.

    Réception critique

    Le Monde des Livres (Florence Noiville) : « Mathieu confirme qu’il est l’un des grands écrivains de sa génération. Un roman puissant, brutal, nécessaire. »

    Lire (Baptiste Liger) : « Moins abouti que ‘Leurs enfants après eux’, mais porté par la même rage d’écrire et le même amour pour ses personnages. »

    La Croix (Jean-Claude Raspiengeas) : « Un roman social qui évite les pièges du misérabilisme. Mathieu sait regarder ses personnages avec tendresse et lucidité. »

    Causeur (Gil Mihaely) : « Encore un roman sur les ouvriers, encore un prix pour Mathieu. Quand la littérature française sortira-t-elle de ce sociologisme compassionnel ? »


    Les tendances de l’année 2025

    Le retour du roman social

    Une tendance forte se dégage de ce palmarès 2025 : le retour en force du roman social. Trois des quatre grands prix récompensent des œuvres profondément ancrées dans une réalité sociale et politique.

    Mathieu avec « Les Silences du Nord », Slimani avec « La Maison des femmes », mais aussi Riboulet avec « Nos vies en suspens » (qui traite du système de santé) témoignent d’une préoccupation commune : comment la littérature peut-elle rendre compte du réel, des vies ordinaires, des invisibles ?

    Ce qu’en disent les observateurs

    Pierre Assouline (La République des Livres) : « Après des années dominées par l’autofiction nombriliste, la littérature française retrouve le goût du social. C’est un signe encourageant. »

    Christine Angot (invitée de La Grande Librairie) : « Je trouve ça très bien que la littérature s’intéresse aux autres, mais attention à ne pas confondre roman et sociologie. L’écriture doit primer. »

    La diversité des voix et des origines

    Autre fait marquant : la diversité des lauréats. Éléonore Vargas (Argentine-Française), Leila Slimani (Franco-Marocaine), et même Mathieu qui donne voix aux ouvriers du Nord, témoignent d’une ouverture de la littérature française à des voix longtemps marginalisées.

    Tirthankar Chanda (RFI) analyse : « Pour la première fois, trois des quatre grands prix vont à des auteurs issus de la diversité ou donnant voix aux minorités. C’est un tournant symbolique important. »

    L’exigence formelle

    Malgré cette dimension sociale, les textes primés ne sacrifient pas pour autant l’ambition littéraire. Le Goncourt à Vargas en particulier témoigne d’une reconnaissance de l’expérimentation formelle.

    Antoine Compagnon (Collège de France) : « On peut être exigeant sur la forme ET parler du monde. Les lauréats 2025 prouvent que ces deux dimensions ne s’opposent pas. »

    Les polémiques de la saison

    La surreprésentation des auteurs déjà primés

    Un reproche récurrent cette année : trois des quatre lauréats avaient déjà été récompensés par des prix littéraires majeurs. Slimani (Goncourt 2016), Mathieu (Goncourt 2018), Vargas (prix du premier roman 2012).

    La tribune des exclus

    Le 15 novembre, Libération publiait une tribune signée par quinze auteurs de la rentrée non primés, intitulée « Pour une vraie diversité des prix littéraires ». Extrait :

    « Chaque année, les mêmes noms tournent en boucle. Les jurys récompensent leurs amis, les éditeurs parisiens, les écrivains déjà installés. Où est la place pour les nouveaux venus ? Pour les petites maisons d’édition ? Pour les écritures vraiment différentes ? »

    Les réponses des jurés

    Bernard Pivot (ancien Goncourt) dans Le Figaro : « Les jurés lisent 60 à 80 livres par saison. Ils choisissent en leur âme et conscience les meilleurs. Si ce sont des auteurs connus, c’est qu’ils ont du talent. »

    Camille Laurens (jurée Fémina) : « On ne récompense pas un nom, on récompense un livre. Si Slimani a gagné, c’est que son roman était le meilleur de la sélection, point. »

    Le « syndrome de novembre »

    Autre critique récurrente : la concentration de tous les grands prix sur la première semaine de novembre, créant une saturation médiatique et éditorial.

    Christine Ferniot (Télérama) : « Comment voulez-vous que les lecteurs s’y retrouvent quand tout sort en même temps ? C’est une folie organisée qui ne sert ni les livres ni les auteurs. »

    La question du genre

    Pour la première fois depuis 2019, aucune femme n’a remporté le Goncourt ou le Renaudot. Cette sous-représentation a été relevée par plusieurs observateurs.

    Laure Adler (France Culture) : « On parle beaucoup de parité dans les jurys, mais qu’en est-il des lauréats ? Les femmes écrivains restent moins récompensées que leurs homologues masculins. »

    Chiffre à l’appui : sur les 10 dernières années, seulement 35% des grands prix ont été attribués à des femmes.

    Les autres prix notables

    Au-delà des quatre grands prix, plusieurs autres récompenses méritent qu’on s’y attarde.

    Prix Interallié : « Le Dernier Été » de Claudie Gallay

    Un roman sur un village de montagne confronté au réchauffement climatique. Salué pour sa sensibilité écologique et son écriture poétique.

    France Info : « Claudie Gallay signe un roman-alerte qui donne à voir les conséquences concrètes du dérèglement climatique sur nos territoires. »

    Prix Wepler : « Fractures » de Ahmed Kalouaz

    Un premier roman qui raconte le quotidien d’un éducateur social en banlieue parisienne. Un texte brut, sans concession.

    Mediapart : « Le prix Wepler récompense la vraie littérature populaire, celle qui donne voix aux sans-voix. »

    Prix de Flore : « Baby » de Virginie Despentes

    Un récit autobiographique sur l’adolescence punk dans les années 1980. Despentes continue d’explorer les marges et la transgression.

    Les Inrocks : « Despentes ne se répète jamais. Avec ‘Baby’, elle trouve un ton nouveau, plus apaisé mais toujours aussi incisif. »

    Prix du Roman Fnac : « L’Ordinaire » de Charline Malaval

    Un premier roman plébiscité par les libraires et les lecteurs de la Fnac. L’histoire d’une femme ordinaire dans une ville ordinaire qui bascule dans l’extraordinaire.

    Livres Hebdo : « Le Prix Fnac a souvent un flair remarquable pour détecter les futurs succès de librairie. Malaval pourrait bien être la révélation de l’année. »

    Les grands oubliés de 2025

    Chaque année, des romans de grande qualité passent sous les radars des prix. Voici quelques-uns des « grands oubliés » 2025 selon la critique :

    « Sous le volcan » de Laurent Mauvignier

    Minuit – Un roman fleuve de 600 pages sur l’éruption de la montagne Pelée en Martinique en 1902.

    Le Monde : « Comment un roman aussi magistral peut-il ne figurer dans aucune sélection finale ? Mauvignier méritait tous les prix. »

    « Les Jours heureux » de Cécile Coulon

    L’Iconoclaste – Un roman sur une famille d’agriculteurs dans le Cantal sur trois générations.

    Télérama : « Coulon confirme qu’elle est l’une des plus grandes voix de sa génération. L’absence de prix est incompréhensible. »

    « Mémoire vive » de Édouard Louis

    Seuil – Un récit autofictionnel sur la violence sociale et la lutte pour s’en extraire.

    Libération : « Louis ne sera jamais récompensé par les jurys parisiens parce qu’il dérange trop. C’est pourtant l’un des écrivains les plus importants de notre temps. »

    Notre sélection à la médiathèque

    À la Médiathèque André Michaud, nous avons bien sûr acquis tous les livres primés, mais aussi plusieurs des « oubliés » mentionnés ci-dessus.

    Disponibles dès maintenant

    Tous les lauréats des grands prix sont disponibles en plusieurs exemplaires :

    • « L’Archipel des solitudes » (4 exemplaires)
    • « Nos vies en suspens » (3 exemplaires)
    • « La Maison des femmes » (4 exemplaires)
    • « Les Silences du Nord » (3 exemplaires)

    Attention : Les délais de réservation sont actuellement de 3 à 4 semaines pour les livres les plus demandés.

    Notre coup de cœur personnel

    Si je devais n’en recommander qu’un, ce serait « Nos vies en suspens » de Mathieu Riboulet. C’est le livre qui m’a le plus émue cette année, celui que j’ai refermé avec un sentiment de plénitude rare.

    Pour aller plus loin

    Nous organisons le samedi 7 décembre à 15h une rencontre-débat : « Prix littéraires : découverte ou marketing ? »

    Au programme :

    • Présentation des livres primés
    • Débat sur le rôle des prix littéraires
    • Partage de vos propres coups de cœur
    • Café littéraire

    Entrée libre, sans inscription.

    Conclusion : une cuvée contrastée

    L’automne 2025 restera comme une saison contrastée. Des choix audacieux (Vargas, Riboulet) côtoient des récompenses plus attendues (Slimani, Mathieu). Des voix nouvelles émergent (Malaval, Kalouaz) tandis que des auteurs confirmés sont reconduits dans leur statut de « valeurs sûres ».

    Les polémiques habituelles ont resurgi (concentration des prix, entre-soi parisien), mais elles témoignent aussi de la vitalité du débat littéraire en France.

    Au final, ce qui compte, c’est que ces prix nous donnent envie de lire, de découvrir, de débattre. Et de ce point de vue, mission accomplie : les ventes de livres de la rentrée littéraire sont en hausse de 8% par rapport à 2024.

    Alors, primé ou pas, n’hésitez pas à venir découvrir ces romans à la médiathèque. Et surtout, faites-vous votre propre avis. Car le meilleur juge d’un livre, c’est vous, le lecteur.

    Bonnes lectures !

    Marie Leroy
    Bibliothécaire secteur adultes
    Médiathèque André Michaud

  • Lancement de notre plateforme de prêt de livres numériques

    Lancement de notre plateforme de prêt de livres numériques

    Une révolution numérique à la Médiathèque André Michaud

    C’est avec une immense fierté que je vous annonce aujourd’hui le lancement officiel de notre plateforme de prêt de livres numériques ! Après plusieurs mois de préparation, de tests et de négociations avec nos partenaires, la Médiathèque André Michaud franchit un cap décisif dans sa transformation numérique.

    Dès le 15 avril 2026, tous les abonnés de la médiathèque pourront emprunter gratuitement des livres numériques, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, depuis leur ordinateur, tablette ou liseuse. Un service qui vient compléter – et non remplacer – notre offre physique de livres papier.

    Cette évolution représente bien plus qu’un simple ajout technique à nos services. C’est une nouvelle façon de concevoir la lecture publique, une réponse aux évolutions des pratiques culturelles, et surtout, une opportunité formidable d’élargir l’accès à la lecture pour tous les Rémois.

    Pourquoi lancer ce service maintenant ?

    Vous vous demandez peut-être pourquoi nous n’avons pas lancé ce service plus tôt. Après tout, les livres numériques existent depuis plus de vingt ans, et de nombreuses bibliothèques proposent déjà ce type de service.

    Une demande croissante de nos usagers

    La première raison est simple : vous nous l’avez demandé. Lors de notre enquête de satisfaction 2025, 64% des répondants souhaitaient pouvoir emprunter des livres numériques. Cette demande était particulièrement forte chez les 25-45 ans, mais aussi chez les seniors équipés de tablettes.

    De nombreux usagers nous ont fait part de situations concrètes où le numérique serait un vrai plus : impossibilité de se déplacer physiquement à la médiathèque, déplacements professionnels fréquents, envie de lire la nuit sans allumer la lumière, besoin d’agrandir les caractères pour un meilleur confort de lecture, désir de voyager léger en vacances…

    Une offre numérique qui a mûri

    Deuxième raison : l’offre éditoriale numérique a considérablement progressé ces dernières années. Il y a encore cinq ans, le catalogue disponible pour les bibliothèques était relativement limité, avec peu de nouveautés et des conditions d’accès complexes.

    Aujourd’hui, la situation a changé. Les éditeurs français ont progressivement accepté de mettre leurs titres à disposition des bibliothèques publiques en format numérique. Le catalogue s’est étoffé, diversifié. Nous pouvons désormais proposer un véritable service avec des contenus de qualité et variés.

    Des conditions techniques et budgétaires favorables

    Troisième raison : nous avons enfin les moyens techniques et budgétaires de le faire correctement. La Ville de Reims a décidé d’investir dans ce projet, avec une enveloppe dédiée de 25 000€ pour la première année (achat de la plateforme, acquisition des licences numériques, formation de l’équipe).

    Parallèlement, les solutions techniques se sont simplifiées et sécurisées. Nous avons choisi une plateforme intuitive, accessible, qui ne nécessite pas de compétences informatiques particulières pour être utilisée.

    La plateforme en détail : comment ça marche ?

    Entrons maintenant dans le concret. Comment fonctionne cette plateforme ? Que pourrez-vous y trouver ? Comment l’utiliser ?

    Un catalogue de 5000 livres numériques

    Notre plateforme de démarrage propose 5000 titres en français, dans tous les genres :

    Romans et littérature (2500 titres)

    • Romans contemporains français et étrangers
    • Classiques de la littérature
    • Romans policiers et thrillers
    • Science-fiction et fantasy
    • Romance et littérature sentimentale
    • Romans du terroir et régionaux

    Exemples de titres disponibles :

    • « Jacaranda » de Gaël Faye
    • « Le Grand Monde » de Pierre Lemaitre
    • « Trois » de Valérie Perrin
    • Œuvres complètes de Victor Hugo, Balzac, Zola
    • Derniers romans de Fred Vargas, Arnaldur Indriðason

    Essais et documentaires (1200 titres)

    • Histoire et géopolitique
    • Sciences et vulgarisation scientifique
    • Philosophie et sociologie
    • Biographies et témoignages
    • Développement personnel et bien-être
    • Guides pratiques

    Exemples :

    • « Sapiens » de Yuval Noah Harari
    • « Une histoire de la lecture » d’Alberto Manguel
    • « Le Bug humain » de Sébastien Bohler
    • Biographies d’Einstein, Marie Curie, Nelson Mandela

    Livres jeunesse (800 titres)

    • Albums pour les 3-8 ans
    • Romans jeunesse (9-12 ans)
    • Littérature Young Adult (adolescents)
    • Bandes dessinées jeunesse

    Exemples :

    • Séries « Harry Potter », « Artemis Fowl »
    • Romans de Timothée de Fombelle
    • BD « Titeuf », « Les Sisters »

    Bandes dessinées et mangas (500 titres)

    • BD franco-belge classique et contemporaine
    • Mangas shōnen, seinen, shōjo
    • Comics et graphic novels

    Cette offre sera enrichie chaque mois avec environ 50 nouveaux titres, en fonction des nouveautés éditoriales et de vos suggestions.

    Les modalités de prêt

    Le fonctionnement est pensé pour être aussi simple que celui du prêt physique, avec quelques spécificités liées au numérique.

    Combien de livres puis-je emprunter ?

    Chaque abonné peut emprunter jusqu’à 5 livres numériques simultanément, en plus des 10 documents physiques autorisés. Ces quotas sont indépendants : emprunter des ebooks ne réduit pas votre capacité d’emprunt de livres papier.

    Quelle est la durée de prêt ?

    La durée de prêt standard est de 21 jours (3 semaines), identique aux livres physiques. À l’issue de ce délai, le livre est automatiquement « rendu » : il disparaît de votre bibliothèque numérique et redevient disponible pour d’autres lecteurs.

    Pas de retard possible, donc pas de pénalités ! C’est l’un des avantages du numérique : impossible d’oublier de rendre un livre, le système le fait automatiquement.

    Puis-je prolonger mon emprunt ?

    Oui, vous pouvez renouveler votre prêt une fois pour 21 jours supplémentaires, à condition qu’aucun autre usager n’ait réservé le livre. Le renouvellement se fait en un clic depuis votre espace personnel.

    Et si le livre que je veux est déjà emprunté ?

    Comme pour les livres physiques, vous pouvez réserver un livre déjà emprunté. Vous serez automatiquement averti par email lorsque le livre sera à nouveau disponible. Vous aurez alors 48 heures pour le télécharger, sinon il passera à la personne suivante dans la file d’attente.

    Sur quels supports puis-je lire ?

    La grande force de notre plateforme, c’est sa compatibilité multi-supports. Vous pouvez lire vos livres numériques sur :

    Ordinateur (PC ou Mac)

    Lecture directement dans votre navigateur web, sans installation de logiciel. Compatible Chrome, Firefox, Safari, Edge.

    Tablette (iPad, Android, Windows)

    Via l’application mobile gratuite à télécharger sur l’App Store ou Google Play. L’application permet aussi de télécharger les livres pour les lire hors connexion.

    Smartphone (iPhone, Android)

    Même application que pour les tablettes. Pratique pour lire dans les transports, même si l’écran est plus petit.

    Liseuse électronique

    Compatible avec la plupart des liseuses du marché (Kobo, PocketBook, Vivlio…). Attention : les liseuses Kindle d’Amazon ne sont pas compatibles en raison de leur système fermé.

    Mode lecture hors connexion

    Une fois téléchargé sur votre application mobile ou votre liseuse, le livre reste accessible même sans connexion internet. Idéal pour lire en vacances, en avion, ou dans des zones sans réseau.

    Les fonctionnalités de lecture

    Notre plateforme intègre de nombreuses fonctionnalités qui enrichissent l’expérience de lecture :

    Personnalisation de l’affichage

    • Choix de la taille de police (de très petit à très grand)
    • Choix de la police de caractères (empattements ou sans)
    • Réglage de l’espacement des lignes
    • Mode jour / mode nuit (fond blanc ou fond noir)
    • Réglage de la luminosité

    Ces options sont particulièrement appréciées des personnes malvoyantes ou dyslexiques.

    Annotation et surlignage

    Vous pouvez :

    • Surligner des passages importants
    • Ajouter des notes personnelles
    • Placer des marque-pages

    Toutes ces annotations sont privées, sauvegardées dans votre espace personnel, et disparaissent automatiquement à la fin du prêt (sans affecter le livre pour le lecteur suivant).

    Dictionnaire intégré

    Un mot que vous ne comprenez pas ? Appuyez dessus pour afficher sa définition. Particulièrement utile pour les livres en langue étrangère ou le vocabulaire technique.

    Fonction recherche

    Vous cherchez un passage précis ? La fonction recherche vous permet de retrouver instantanément toutes les occurrences d’un mot ou d’une expression dans le livre.

    Comment s’inscrire et emprunter son premier ebook ?

    Le processus d’inscription est volontairement simple. Voici les étapes détaillées.

    Étape 1 : Vérifier votre éligibilité

    Pour accéder à la plateforme de prêt numérique, vous devez :

    • Être abonné actif à la Médiathèque André Michaud (inscription gratuite)
    • Avoir une adresse email valide enregistrée dans votre dossier
    • Accepter les conditions générales d’utilisation du service

    Si vous n’êtes pas encore abonné, vous pouvez vous inscrire gratuitement à la médiathèque avec :

    • Une pièce d’identité
    • Un justificatif de domicile de moins de 3 mois

    Étape 2 : Créer votre compte sur la plateforme

    Une fois abonné à la médiathèque, rendez-vous sur notre site web : www.mediatheque-andremichaud-reims.fr

    Cliquez sur l’onglet « Livres numériques » puis « Créer mon compte ».

    Vous aurez besoin de :

    • Votre numéro de carte d’abonné (inscrit sur votre carte)
    • Votre date de naissance
    • Votre adresse email

    Vous recevrez un email de confirmation avec un lien d’activation. Cliquez dessus, choisissez votre mot de passe, et votre compte est créé !

    Étape 3 : Explorer le catalogue

    Une fois connecté, vous accédez au catalogue complet des 5000 livres disponibles.

    Plusieurs façons de naviguer :

    • Par genre : Romans, Policiers, SF, Essais, Jeunesse, BD…
    • Par nouveautés : Les derniers titres ajoutés
    • Par popularité : Les livres les plus empruntés
    • Par sélections thématiques : « Coups de cœur des bibliothécaires », « Rentrée littéraire », « Livres de l’été »…
    • Par recherche : Tapez un titre, un auteur, un mot-clé

    Chaque livre dispose d’une fiche détaillée avec :

    • Couverture et résumé
    • Auteur, éditeur, année de parution
    • Nombre de pages
    • Catégorie / Genre
    • Disponibilité (disponible immédiatement ou nombre de réservations)
    • Aperçu gratuit (lire les premières pages avant d’emprunter)

    Étape 4 : Emprunter un livre

    Vous avez trouvé le livre qui vous intéresse ? Cliquez sur « Emprunter ».

    Si le livre est disponible :

    • Il s’ajoute immédiatement à votre bibliothèque personnelle
    • Vous pouvez commencer à le lire tout de suite
    • Vous recevez un email de confirmation avec la date de retour automatique

    Si le livre est déjà emprunté :

    • Cliquez sur « Réserver »
    • Vous rejoignez la file d’attente
    • Vous serez notifié par email quand le livre sera disponible

    Étape 5 : Lire votre livre

    Depuis votre espace « Ma bibliothèque », vous voyez tous vos livres empruntés.

    Pour lire sur ordinateur : Cliquez sur « Lire en ligne » → Le livre s’ouvre directement dans votre navigateur.

    Pour lire sur tablette/smartphone/liseuse :

    1. Téléchargez l’application gratuite « BiblioLire » (disponible sur App Store et Google Play)
    2. Connectez-vous avec vos identifiants
    3. Téléchargez le livre sur votre appareil
    4. Lisez même hors connexion !

    Les avantages du livre numérique

    Vous hésitez encore entre papier et numérique ? Voici quelques avantages spécifiques du livre numérique.

    Accessibilité 24h/24, 7j/7

    Fini les contraintes d’horaires ! Envie de lire à 23h un dimanche soir ? Aucun problème, la bibliothèque numérique ne ferme jamais. Vous pouvez emprunter un livre à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.

    Accès immédiat

    Pas d’attente, pas de déplacement. En quelques clics, vous avez accès à des milliers de livres. Plus besoin de se déplacer à la médiathèque (même si nous adorons vous y voir !), plus d’attente pour les nouveautés très demandées.

    Bibliothèque transportable

    Emportez 5 livres qui ne pèsent rien. Parfait pour les vacances : votre tablette ou liseuse contient toute votre bibliothèque. Fini le dilemme « quels livres emporter dans la valise ? ».

    Confort de lecture personnalisable

    Adaptez le livre à vos besoins. Agrandissez les caractères si vous avez des difficultés de vision, passez en mode nuit pour lire sans fatiguer les yeux, choisissez une police adaptée à la dyslexie…

    Écologique

    Pas de papier, pas de transport, pas de stockage. Le livre numérique a un impact environnemental moindre (même en tenant compte de l’empreinte carbone du numérique). Et pas de risque de livre abîmé par la pluie ou le sable de la plage !

    Discrétion

    Lisez ce que vous voulez sans jugement. Le livre numérique est totalement discret. Personne ne voit ce que vous lisez dans le métro. Idéal pour les lectures « plaisir coupable » qu’on n’ose pas toujours assumer en public.

    Ce que le numérique ne remplacera jamais

    Pour autant, soyons clairs : le livre numérique n’a pas vocation à remplacer le livre papier. Ce sont deux expériences complémentaires, chacune avec ses forces et ses limites.

    Le plaisir sensoriel du livre papier

    L’odeur, le toucher, le poids d’un livre papier restent irremplaçables pour beaucoup de lecteurs. Le plaisir de tourner les pages, de corner un passage important, d’annoter dans les marges… tout cela appartient à l’univers du papier.

    La collection et la transmission

    On ne prête pas un ebook comme on prête un livre papier. Offrir un livre en cadeau, constituer sa bibliothèque personnelle, transmettre des livres à ses enfants… ces gestes restent attachés au support physique.

    Le souvenir et la sérendipité

    Un livre papier sur une étagère raconte une histoire. On se souvient de quand on l’a lu, où on l’était, ce qu’on ressentait. Et puis il y a ces moments magiques où en cherchant un livre, on en redécouvre un autre qu’on avait oublié.

    Notre position : l’un ET l’autre

    À la Médiathèque André Michaud, nous croyons fermement à la complémentarité des supports. Nous continuerons d’enrichir nos collections papier (650 nouveaux livres prévus en 2026), tout en développant l’offre numérique.

    À vous de choisir, selon vos envies du moment, vos contraintes, votre humeur, quel support privilégier. L’important, c’est de lire !

    Les questions fréquentes

    Voici les réponses aux questions que vous vous posez peut-être.

    Est-ce vraiment gratuit ?

    Oui, totalement gratuit pour tous les abonnés de la médiathèque (et l’abonnement à la médiathèque est lui-même gratuit pour les Rémois). Aucun surcoût, aucun abonnement supplémentaire.

    Ai-je besoin d’acheter une liseuse ?

    Non, pas obligatoirement. Vous pouvez lire sur votre ordinateur, votre tablette ou votre smartphone. La liseuse est un plus (confort de lecture supérieur, autonomie longue) mais pas une obligation.

    Puis-je lire sur ma liseuse Kindle ?

    Malheureusement non. Les liseuses Kindle d’Amazon utilisent un système fermé incompatible avec les bibliothèques publiques. Si vous souhaitez acheter une liseuse, privilégiez les marques Kobo, PocketBook, Vivlio, Bookeen, qui sont toutes compatibles.

    Que se passe-t-il si je n’ai pas fini mon livre au bout de 21 jours ?

    Le livre disparaît automatiquement de votre bibliothèque, mais vous ne perdez pas votre marque-page. Si vous ré-empruntez le même livre plus tard, vous le retrouverez à la page où vous l’aviez laissé.

    Puis-je imprimer un livre numérique ?

    Non, les livres sont protégés par des DRM (gestion des droits numériques) qui interdisent l’impression et la copie. Vous pouvez uniquement les lire sur les supports autorisés pendant la durée du prêt.

    Mon ado peut-il avoir son propre compte ?

    Oui, à partir de 13 ans, avec autorisation parentale. Les mineurs ont accès uniquement aux livres jeunesse et Young Adult, avec un filtrage automatique du contenu adulte.

    J’ai un problème technique, qui peut m’aider ?

    Nous sommes là pour vous ! Passez à la médiathèque ou appelez-nous au 03 26 XX XX XX. Pierre, notre responsable numérique, et toute l’équipe sont formés pour vous aider à prendre en main la plateforme.

    Nous organisons également des permanences d’aide tous les mercredis de 14h à 16h et les samedis de 10h à 12h.

    Ateliers de découverte gratuits

    Pour vous accompagner dans la prise en main de ce nouveau service, nous organisons des ateliers gratuits de découverte :

    « Premiers pas avec les livres numériques »

    Quand : Tous les mercredis à 15h (à partir du 17 avril)
    Durée : 1h
    Public : Débutants
    Programme : Créer son compte, chercher un livre, l’emprunter, le lire sur différents supports

    « Optimiser sa liseuse »

    Quand : Samedis 20 avril et 4 mai à 10h30
    Durée : 1h30
    Public : Possesseurs de liseuses
    Programme : Télécharger les livres sur sa liseuse, régler les paramètres, gérer sa bibliothèque

    Permanences individuelles

    Quand : Sur rendez-vous
    Durée : 30 min
    Pour : Résoudre un problème spécifique, aide personnalisée

    Inscription obligatoire : sur place, par téléphone ou via notre site web.

    Et demain ? Nos projets d’évolution

    Ce lancement n’est qu’une première étape. Nous avons déjà plusieurs projets d’évolution pour les mois à venir.

    Extension du catalogue

    D’ici fin 2026, nous visons 8000 titres disponibles. Nous ajouterons notamment :

    • Plus de littérature étrangère en VO (anglais, espagnol, allemand)
    • Des livres audio (audiobooks)
    • Des magazines et journaux en version numérique
    • Des méthodes de langues interactives

    Prêt de liseuses

    À partir de septembre 2026, nous proposerons le prêt de liseuses préchargées avec une sélection de livres. Idéal pour tester avant d’acheter, ou pour partir en vacances.

    Sélections personnalisées

    Nous travaillons sur un système de recommandations personnalisées basé sur vos lectures, pour vous suggérer des livres qui pourraient vous plaire.

    Clubs de lecture numériques

    Nous réfléchissons à créer des clubs de lecture en ligne, où vous pourriez échanger avec d’autres lecteurs sur vos livres numériques préférés.

    Venez découvrir le service lors de notre journée d’inauguration

    Pour célébrer ce lancement, nous organisons une journée spéciale le samedi 20 avril 2026 :

    Programme :

    • 10h-12h : Stands de démonstration (testez différentes liseuses)
    • 14h : Conférence « L’avenir du livre : papier ou numérique ? » avec un éditeur et un libraire
    • 15h-17h : Ateliers découverte en continu
    • Toute la journée : Tombola pour gagner une liseuse Kobo !

    Entrée libre, sans inscription.

    Conclusion : le livre sous toutes ses formes

    Le lancement de notre plateforme de prêt numérique marque une étape importante dans l’histoire de la Médiathèque André Michaud. Mais notre philosophie reste inchangée : rendre la lecture accessible à tous, sous toutes ses formes.

    Que vous soyez un fervent défenseur du livre papier ou un adepte du numérique, que vous aimiez lire dans votre fauteuil ou dans les transports, le matin ou le soir, nous avons les ressources pour vous.

    Le livre numérique n’est qu’un outil de plus à votre disposition. Un outil puissant, pratique, qui ouvre de nouvelles possibilités. Mais ce qui compte, au final, c’est la lecture elle-même : ce moment unique où l’on se plonge dans un univers, où l’on découvre de nouvelles idées, où l’on voyage sans bouger.

    Alors n’hésitez plus : créez votre compte, empruntez votre premier ebook, et entrez dans l’ère de la lecture augmentée !

    Et n’oubliez pas : nous sommes là pour vous accompagner à chaque étape. Passez nous voir, appelez-nous, écrivez-nous. La révolution numérique se fait ensemble, pas seul devant son écran.

    Bonnes lectures numériques à tous !

    Pierre Dubois
    Responsable numérique
    Médiathèque André Michaud

  • Nouveaux horaires d’ouverture à partir de mars 2026

    Nouveaux horaires d’ouverture à partir de mars 2026

    Une évolution attendue et nécessaire

    Chères lectrices, chers lecteurs,

    C’est avec grand plaisir que je vous annonce aujourd’hui une évolution majeure dans le fonctionnement de la Médiathèque André Michaud : à compter du 1er mars 2026, nous adoptons de nouveaux horaires d’ouverture conçus pour mieux répondre à vos attentes et faciliter l’accès à nos services.

    Cette décision est l’aboutissement d’un travail de réflexion de plusieurs mois, mené en concertation avec l’équipe de la médiathèque, la municipalité de Reims, et surtout avec vous, nos usagers. Car c’est bien votre voix qui a guidé cette évolution : à travers les enquêtes de satisfaction, les discussions informelles au comptoir, et les remontées de vos élus au conseil municipal, vous nous avez fait part de vos besoins et de vos contraintes.

    Aujourd’hui, je souhaite vous présenter en détail ces nouveaux horaires, vous expliquer les raisons qui ont motivé ces changements, et répondre aux questions que vous pourriez vous poser sur cette organisation renouvelée.

    Les nouveaux horaires en détail

    À partir du 1er mars 2026, la Médiathèque André Michaud sera ouverte selon les plages horaires suivantes :

    Lundi : 14h00 – 19h00 (5 heures)
    Mardi : 10h00 – 19h00 (9 heures)
    Mercredi : 10h00 – 19h00 (9 heures)
    Jeudi : 14h00 – 21h00 (7 heures)
    Vendredi : 10h00 – 19h00 (9 heures)
    Samedi : 10h00 – 18h00 (8 heures)
    Dimanche : 14h00 – 18h00 (4 heures) – NOUVEAUTÉ

    Total hebdomadaire : 51 heures d’ouverture (contre 42 heures précédemment)

    Fermeture : Aucun jour de fermeture hebdomadaire

    Pour rappel, nos anciens horaires étaient les suivants :

    Ancien planning (jusqu’au 29 février 2026) :

    Lundi : Fermé
    Mardi : 14h00 – 18h00 (4 heures)
    Mercredi : 10h00 – 18h00 (8 heures)
    Jeudi : 14h00 – 18h00 (4 heures)
    Vendredi : 14h00 – 18h00 (4 heures)
    Samedi : 10h00 – 18h00 (8 heures)
    Dimanche : Fermé

    Total : 42 heures hebdomadaires

    Les principales évolutions

    Comme vous pouvez le constater, plusieurs changements majeurs caractérisent cette nouvelle organisation :

    1. L’ouverture dominicale

    C’est sans doute la nouveauté la plus attendue et la plus visible : la Médiathèque André Michaud ouvre désormais ses portes le dimanche après-midi, de 14h00 à 18h00.

    Cette ouverture dominicale répond à une demande forte et régulière de votre part. Lors de notre enquête de satisfaction menée en octobre 2025 auprès de 847 usagers, 73% d’entre vous souhaitaient une ouverture le dimanche, et 68% indiquaient que les horaires actuels ne correspondaient pas toujours à vos disponibilités.

    Le dimanche est traditionnellement un jour de loisir familial, et nous savons que beaucoup d’entre vous avez du mal à concilier vie professionnelle, vie familiale et activités culturelles en semaine. En ouvrant le dimanche, nous souhaitons offrir un moment de respiration, un espace-temps où familles, étudiants, travailleurs et retraités peuvent se retrouver autour du livre et de la culture, sans la pression du quotidien.

    Cette ouverture dominicale se fera selon un planning spécifique : les dimanches impairs seront consacrés aux animations jeunesse (heure du conte, ateliers créatifs), tandis que les dimanches pairs proposeront des événements culturels pour adultes (rencontres d’auteurs, conférences, projections-débats). Un calendrier détaillé sera disponible chaque mois sur notre site internet et à l’accueil.

    2. Une soirée tardive le jeudi

    Le jeudi, nous prolongeons l’ouverture jusqu’à 21h00, soit trois heures de plus que précédemment. Ce choix n’est pas anodin.

    Nous avons constaté que de nombreux actifs et étudiants ne peuvent pas se rendre à la médiathèque en journée ou en début de soirée. En proposant une nocturne jusqu’à 21h, nous permettons à celles et ceux qui terminent leur journée de travail ou leurs cours vers 18h-19h de disposer d’un vrai temps pour flâner dans les rayons, emprunter des documents, utiliser nos espaces de travail ou participer à des animations.

    Cette nocturne du jeudi sera également l’occasion de proposer une programmation culturelle spécifique : clubs de lecture pour adultes, ateliers numériques, rencontres thématiques… Nous souhaitons faire de ce créneau horaire un moment particulier de la semaine, propice aux échanges et à la convivialité.

    L’ambiance de la médiathèque en nocturne est très différente de celle de la journée : plus calme, plus studieuse aussi. Nous avons pensé aménager l’espace en conséquence, en créant davantage de zones de travail silencieuses et en optimisant l’éclairage pour favoriser la concentration.

    3. L’abandon de la fermeture du lundi

    Dans notre ancien planning, la médiathèque était fermée le lundi. Cette journée de fermeture, héritée d’une époque où les bibliothèques suivaient les horaires des commerces, n’avait plus vraiment de justification et créait une rupture désagréable en début de semaine.

    À partir de mars, le lundi devient un jour d’ouverture à part entière, de 14h à 19h. Certes, l’amplitude horaire est un peu réduite (5 heures contre 9 heures les mardi, mercredi et vendredi), mais cela nous permet de maintenir une continuité de service sur toute la semaine.

    Le lundi matin reste néanmoins réservé aux tâches internes : traitement des nouveautés, catalogage, maintenance informatique, réunions d’équipe. Ces opérations, indispensables au bon fonctionnement de la médiathèque, nécessitent des créneaux dédiés où nous ne sommes pas en contact direct avec le public.

    4. Des matinées élargies

    Trois jours par semaine (mardi, mercredi et vendredi), nous ouvrons maintenant dès 10h00, contre 14h00 auparavant. Cette ouverture matinale répond aux besoins de plusieurs catégories d’usagers.

    D’abord, les retraités et les personnes sans activité professionnelle, qui constituent une part importante de notre public et qui apprécient particulièrement les matinées, moins fréquentées et plus calmes que les après-midis.

    Ensuite, les parents de jeunes enfants, qui peuvent ainsi profiter de la médiathèque pendant les horaires scolaires, sans avoir à gérer la présence des enfants. Nous avons d’ailleurs prévu d’organiser des temps d’échange et de rencontre spécifiques pour ce public le mardi et le vendredi matin.

    Enfin, les étudiants et chercheurs, qui ont besoin d’espaces de travail calmes et qui apprécient de pouvoir s’installer dès le matin pour une longue session de révision ou de recherche documentaire.

    Pourquoi ces changements maintenant ?

    Vous vous demandez peut-être pourquoi nous avons attendu 2026 pour opérer ces changements, alors que certaines de ces demandes étaient formulées depuis plusieurs années. Plusieurs facteurs ont convergé pour rendre cette évolution possible aujourd’hui.

    Un contexte budgétaire favorable

    Il faut être honnête : élargir les horaires d’ouverture a un coût. Cela implique d’augmenter le temps de travail de certains personnels, de recruter des agents supplémentaires, d’accroître les dépenses de fluides (électricité, chauffage)…

    La Ville de Reims a fait le choix, dans son budget 2026, de renforcer significativement les moyens alloués à la médiathèque. Cette décision politique forte témoigne de la volonté municipale de faire de la culture et de l’accès au savoir des priorités. Sans ce soutien budgétaire, nous n’aurions pas pu envisager une telle évolution.

    Concrètement, le budget de fonctionnement de la médiathèque augmente de 18% pour l’année 2026, avec notamment :

    • La création de 3 postes à temps partiel (2 ETP au total)
    • Une enveloppe dédiée aux animations du dimanche (12 000€)
    • Un budget fluides majoré de 8 000€
    • Des crédits supplémentaires pour l’acquisition de collections (+ 15 000€)

    Une réorganisation interne

    L’équipe de la médiathèque s’est également réorganisée pour rendre possible cette amplitude horaire élargie. Nous avons travaillé sur de nouveaux plannings, en tenant compte des souhaits de chacun et des contraintes personnelles.

    Certains agents ont accepté de modifier leurs habitudes de travail, de travailler le dimanche (avec bien sûr une compensation en repos), de décaler leurs horaires. Je tiens ici à saluer l’engagement et la flexibilité de toute l’équipe, qui a compris l’importance de ces évolutions pour le service public.

    Nous avons également repensé l’organisation des tâches internes. Certaines opérations qui se faisaient auparavant pendant les heures d’ouverture (équipement des nouveautés, rangement approfondi) sont maintenant concentrées sur les créneaux de fermeture au public, ce qui nous permet d’optimiser les temps d’ouverture.

    Une évolution des usages

    Les pratiques culturelles et les modes de vie ont considérablement évolué ces dernières années. La frontière entre temps de travail et temps personnel s’est brouillée, les rythmes se sont diversifiés, les attentes vis-à-vis des services publics ont changé.

    Vous êtes de plus en plus nombreux à rechercher des lieux ouverts le soir et le week-end, des espaces où l’on peut venir en famille, où l’on peut travailler dans le calme, où l’on peut assister à des événements culturels sans avoir à poser de congé.

    La médiathèque doit s’adapter à ces nouvelles réalités. Elle ne peut plus fonctionner sur le modèle des années 1980-1990, avec des horaires de bureau qui excluent de fait une partie de la population.

    Cette évolution s’inscrit aussi dans une tendance plus large qu’on observe dans de nombreuses médiathèques françaises et européennes. Les équipements culturels s’ouvrent, deviennent plus flexibles, plus accueillants. Nous suivons en cela le mouvement initié par les grandes bibliothèques comme la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou (ouverte jusqu’à 22h), les médiathèques de Toulouse ou de Strasbourg (ouvertes le dimanche).

    Les services maintenus et renforcés

    Cette évolution des horaires ne se fait pas au détriment de la qualité de service, bien au contraire.

    Tous les espaces restent accessibles

    Pendant toutes les plages d’ouverture, vous aurez accès à l’ensemble des espaces de la médiathèque :

    • Les quatre niveaux de collections (adultes, jeunesse, BD/mangas, fonds patrimoniaux)
    • Les salles de travail individuel et collectif
    • L’espace numérique avec ses 20 postes informatiques
    • La salle de projection et d’animation (sauf pendant les événements réservés)
    • Le coin café-lecture

    Aucun espace ne sera fermé ou réservé selon les horaires. Nous tenions à ce que, quelle que soit l’heure de votre visite, vous bénéficiiez de l’accès complet à nos services.

    Le personnel d’accueil renforcé

    Pendant toute l’amplitude d’ouverture, au moins deux agents seront présents pour vous accueillir, vous conseiller et traiter vos demandes. Le dimanche et pendant la nocturne du jeudi, un bibliothécaire référent sera systématiquement présent pour garantir la qualité du service.

    Nous avons fait le choix de ne jamais laisser la médiathèque en fonctionnement automatique ou semi-automatique. L’accueil humain, le conseil personnalisé, l’accompagnement dans vos recherches font partie intégrante de notre mission et de notre identité.

    Des animations programmées sur tous les créneaux

    Chaque jour de la semaine proposera désormais des animations spécifiques :

    • Lundi après-midi : Ateliers numériques pour seniors
    • Mardi matin : Café-lecture pour parents de jeunes enfants
    • Mercredi : Animations jeunesse (matin et après-midi)
    • Jeudi soir : Rencontres thématiques, clubs de lecture adultes
    • Vendredi matin : Permanence « Aide aux démarches administratives en ligne »
    • Samedi : Mix animations jeunesse et événements tout public
    • Dimanche : Événements culturels (semaines impaires : jeunesse / semaines paires : adultes)

    Un calendrier détaillé sera publié chaque mois et disponible sur notre site web, sur nos réseaux sociaux et en version papier à l’accueil.

    Ce qui ne change pas

    Au milieu de toutes ces évolutions, certains éléments fondamentaux demeurent :

    La gratuité de l’inscription

    L’inscription à la Médiathèque André Michaud reste totalement gratuite pour tous les Rémois, quel que soit leur âge ou leur situation. Cette gratuité est un principe auquel nous tenons absolument : la culture et l’accès au savoir ne doivent jamais être réservés à ceux qui peuvent payer.

    Les conditions de prêt

    Vous pourrez toujours emprunter :

    • 10 documents simultanément (livres, BD, magazines, CD, DVD)
    • Pour une durée de 3 semaines, renouvelable une fois
    • Avec possibilité de réservation pour les documents déjà empruntés

    La qualité de nos collections

    Le budget d’acquisition augmente même de 15 000€ pour 2026, ce qui nous permettra d’enrichir encore davantage nos collections et de répondre plus rapidement à vos demandes d’achat.

    Comment se préparer à cette transition ?

    Pour que cette transition se passe dans les meilleures conditions possibles, voici quelques informations pratiques :

    La dernière semaine de février

    Du 23 au 28 février, la médiathèque fonctionnera encore selon les anciens horaires. Nous en profiterons pour :

    • Finaliser la réorganisation interne
    • Former les nouveaux agents recrutés
    • Réaliser quelques travaux d’aménagement (nouvelle signalétique, optimisation de l’éclairage)
    • Organiser des réunions d’information pour les lecteurs réguliers

    Le week-end du 1er-2 mars : lancement en fanfare

    Pour célébrer le démarrage de ces nouveaux horaires, nous organisons un week-end festif et gratuit, ouvert à tous :

    Samedi 1er mars :

    • 10h : Ouverture officielle en présence de Madame le Maire
    • 10h30-12h : Visite guidée de la médiathèque pour les nouveaux inscrits
    • 14h-17h : Animations jeunesse non-stop (contes, jeux, ateliers)
    • 15h : Présentation des nouveaux services et horaires
    • 17h : Concert acoustique dans le hall (groupe local à découvrir)

    Dimanche 2 mars :

    • 14h : Premier dimanche d’ouverture !
    • 14h30 : Heure du conte pour les 3-6 ans
    • 15h30 : Atelier créatif enfants « Fabrique ton marque-page »
    • 16h30 : Pot de l’amitié et échanges avec l’équipe

    Vos questions fréquentes

    Depuis que nous avons commencé à communiquer sur ce projet, vous avez été nombreux à nous poser des questions. Voici les réponses aux interrogations les plus fréquentes :

    « Comment seront organisés les congés des bibliothécaires ? »

    L’équipe tournera selon un planning établi plusieurs semaines à l’avance. Chaque agent travaillera un dimanche sur deux (avec récupération le mardi suivant), et bénéficiera toujours de deux jours de repos consécutifs par semaine.

    « Y aura-t-il plus de monde ? Est-ce que je trouverai encore de la place pour travailler ? »

    C’est possible, en effet. Mais nous avons augmenté notre capacité d’accueil en réaménageant certains espaces. Nous suivrons attentivement la fréquentation et procéderons à des ajustements si nécessaire.

    « Les animations du dimanche seront-elles payantes ? »

    Non, toutes les animations proposées par la médiathèque restent gratuites et ouvertes à tous, dimanche compris.

    « Que se passe-t-il pendant les vacances scolaires ? »

    Les horaires restent les mêmes pendant les vacances. Nous proposerons même une programmation renforcée d’animations pour les enfants et les familles.

    Un projet qui va continuer à évoluer

    Ces nouveaux horaires ne sont pas gravés dans le marbre. Dans six mois, nous réaliserons une première évaluation pour mesurer l’impact de ces changements :

    • Évolution de la fréquentation par créneau horaire
    • Satisfaction des usagers
    • Adaptation de l’équipe
    • Taux de participation aux animations

    Si nécessaire, nous procéderons à des ajustements. Votre retour d’expérience sera essentiel pour affiner notre organisation.

    Conclusion : une médiathèque qui vous ressemble

    Ces nouveaux horaires marquent une étape importante dans l’histoire de la Médiathèque André Michaud. Ils sont le résultat d’une écoute attentive de vos besoins, d’un engagement fort de la municipalité, et d’un travail d’équipe remarquable.

    Notre ambition est simple : faire de la médiathèque un lieu toujours plus accessible, toujours plus accueillant, toujours plus au service de tous les Rémois. Un lieu qui s’adapte à vos rythmes de vie, qui vous accompagne dans vos projets personnels et professionnels, qui nourrit votre curiosité et votre imagination.

    Nous vous donnons rendez-vous dès le 1er mars pour découvrir ensemble cette nouvelle ère de la médiathèque. Et n’oubliez pas : vos suggestions, vos remarques, vos coups de cœur nous intéressent toujours. N’hésitez jamais à venir nous en parler !

    Sophie Martin
    Directrice
    Médiathèque André Michaud

  • Notre sélection du mois – Romans de la rentrée littéraire 2026

    Notre sélection du mois – Romans de la rentrée littéraire 2026

    Introduction

    La rentrée littéraire 2026 nous a, comme chaque année, apporté son lot de découvertes, de surprises et de belles promesses. Entre les centaines de titres qui ont envahi les librairies dès le mois d’août, l’équipe de la Médiathèque André Michaud a fait le tri pour vous proposer une sélection de cinq romans qui nous ont particulièrement touchés, émus, fait réfléchir ou simplement captivés.

    Cette année, la rentrée littéraire se distingue par une grande diversité de voix et de styles. On observe un retour marqué des sagas familiales, qui explorent les liens intergénérationnels avec une acuité nouvelle, mais aussi une forte présence de romans engagés qui questionnent notre rapport au monde contemporain. Les auteurs semblent particulièrement préoccupés par les thématiques environnementales, les mutations du travail et les bouleversements sociétaux que nous traversons.

    Parmi les 520 romans parus cette rentrée, nous avons choisi de mettre en lumière cinq œuvres qui nous ont semblé représentatives de cette créativité littéraire, tout en offrant des plaisirs de lecture très différents. Du roman psychologique intimiste au thriller social, en passant par la fresque historique et le récit d’apprentissage, notre sélection reflète la richesse et la diversité de la production actuelle.

    Ces cinq livres sont d’ores et déjà disponibles à la médiathèque, et nous serions ravis d’échanger avec vous sur vos propres découvertes de cette rentrée. N’hésitez pas à venir nous voir au comptoir ou à partager vos impressions lors de notre prochain club de lecture !


    1. « Les Échos du silence » par Élise Morand

    Éditions Gallimard – 384 pages

    Le premier roman de notre sélection nous vient d’Élise Morand, auteure déjà remarquée pour ses précédents ouvrages mais qui atteint ici une maturité d’écriture exceptionnelle. « Les Échos du silence » raconte l’histoire de Clara, orthophoniste quadragénaire qui, après la mort brutale de sa mère, découvre dans les affaires de cette dernière une correspondance énigmatique datant de la Seconde Guerre mondiale.

    Ce qui aurait pu n’être qu’un énième roman sur les secrets de famille se transforme sous la plume d’Élise Morand en une méditation profonde sur la transmission, le poids du non-dit et la manière dont l’histoire collective s’immisce dans les destins individuels. L’auteure tisse avec une grande finesse deux temporalités : le présent de Clara, qui mène l’enquête sur le passé de sa mère, et les années 1943-1944, où se dévoile progressivement un pan méconnu de la Résistance féminine dans la région de Reims.

    La force du roman réside dans sa construction narrative habile, qui distille les révélations avec parcimonie, maintenant le lecteur en haleine tout en évitant les facilités du suspense artificiel. Élise Morand excelle dans la description des émotions complexes, ces sentiments contradictoires qui nous habitent lorsque nous découvrons que nos proches ne sont pas tout à fait ceux que nous pensions connaître.

    L’écriture est ciselée, presque poétique par moments, particulièrement dans les passages qui évoquent le métier de Clara et son rapport au langage, aux mots qui manquent ou qui blessent. Cette dimension professionnelle n’est jamais anecdotique : elle entre en résonance avec le cœur du roman, cette quête d’une parole vraie qui a fait défaut dans l’histoire familiale.

    Notre avis : Un roman magnifique, sensible et intelligent, qui nous rappelle que derrière chaque silence se cache souvent une histoire douloureuse qui n’a pas trouvé les mots pour se dire. À mettre entre toutes les mains, particulièrement celles des lectrices et lecteurs qui apprécient les récits intimistes ancrés dans l’Histoire.

    Public : Adultes, amateurs de littérature contemporaine et de romans historiques.


    2. « Terminus Babel » par Karim Nassiri

    Éditions du Seuil – 456 pages

    Avec « Terminus Babel », Karim Nassiri signe un thriller social d’une rare intensité qui nous plonge dans les coulisses d’un centre de tri postal automatisé aux portes de Paris. Le roman suit Yanis, jeune intérimaire embauché pour la période des fêtes, qui découvre progressivement les rouages d’un système déshumanisé où les travailleurs sont traités comme de simples variables d’ajustement.

    Ce qui commence comme une simple description du quotidien laborieux d’un précaire se transforme peu à peu en une enquête haletante lorsque Yanis remarque des anomalies dans le traitement de certains colis et décide d’en savoir plus. Nassiri construit un véritable page-turner qui utilise les codes du thriller pour dresser un portrait sans concession du monde du travail contemporain, de ses violences ordinaires et de ses logiques implacables.

    L’auteur, qui a lui-même travaillé dans la logistique pendant plusieurs années, connaît intimement l’univers qu’il décrit. Cette connaissance de l’intérieur confère au roman une authenticité saisissante. On sent dans chaque page le poids de la cadence, la fatigue des corps, la précarité qui ronge, mais aussi la solidarité qui se crée entre les travailleurs, ces liens ténus qui permettent de tenir.

    Le style de Nassiri est nerveux, haché, à l’image de ce monde du tri où tout doit aller vite, toujours plus vite. Les phrases courtes, presque télégraphiques par moments, créent un rythme soutenu qui ne faiblit jamais. Pourtant, l’auteur sait aussi ménager des moments de respiration, des passages plus contemplatifs où les personnages se révèlent dans leur complexité.

    Le roman aborde de front les questions de surveillance au travail, de déshumanisation des rapports sociaux, d’automatisation croissante et de résistance dans un monde qui ne laisse guère de place à la contestation. Mais Nassiri évite le piège du roman à thèse : ses personnages ne sont jamais de simples porte-voix d’idées, ce sont des êtres de chair et de sang, avec leurs contradictions, leurs espoirs et leurs compromissions.

    Notre avis : Un roman coup de poing qui nous rappelle que derrière chaque colis livré se cachent des vies, des corps épuisés, des dignités bafouées. Une lecture indispensable pour comprendre les mutations du travail au XXIe siècle. Attention, ce livre ne vous laissera pas indemne.

    Public : Adultes, lecteurs de thrillers sociaux et de littérature engagée.


    3. « Le Jardin des possibles » par Noémie Bertrand

    Éditions Actes Sud – 312 pages

    Changement radical d’ambiance avec ce troisième roman de notre sélection. Noémie Bertrand nous offre avec « Le Jardin des possibles » une bulle de douceur et de poésie dans le tumulte de la rentrée littéraire. L’histoire se déroule dans un village de Provence où Juliette, paysagiste parisienne en burn-out, vient se ressourcer dans la maison de famille qu’elle a héritée de sa grand-mère.

    Le pitch peut sembler convenu – la citadine qui retrouve ses racines à la campagne – mais Noémie Bertrand transcende largement le canevas classique pour en faire un roman profond sur la reconstruction de soi, le rapport à la nature et la quête de sens dans une vie professionnelle devenue toxique.

    Ce qui frappe d’emblée, c’est la sensorialité de l’écriture. Bertrand a le don de faire sentir, toucher, goûter chaque élément du jardin que Juliette entreprend de remettre en état. On entend le bruissement des feuilles, on respire les parfums de lavande et de romarin, on sent sous nos doigts la terre humide du potager. Cette attention aux détails, loin d’être gratuite, participe d’une véritable réflexion sur le rapport au vivant et au temps long.

    Le roman est aussi une chronique villageoise pleine de tendresse et d’humour. Bertrand excelle dans les portraits de personnages secondaires : la voisine un peu envahissante mais au grand cœur, le vieux jardinier bourru qui accepte finalement de transmettre son savoir, la bande de retraités qui anime la vie associative locale. Ces figures, jamais caricaturales, forment une communauté attachante qui aide Juliette à renouer avec l’essentiel.

    Mais « Le Jardin des possibles » est aussi, et peut-être surtout, un roman sur le travail et sa place dans nos vies. À travers le parcours de Juliette, qui redécouvre le plaisir de créer avec ses mains, loin des injonctions de rentabilité et de performance, Noémie Bertrand pose des questions essentielles sur ce que signifie « réussir sa vie » et sur la valeur que nous accordons aux différentes formes de travail.

    La structure du roman, qui suit le rythme des saisons, renforce cette impression de retour à un temps plus naturel, plus accordé aux cycles de la vie. Chaque chapitre correspond à un mois de l’année, de l’arrivée de Juliette au printemps jusqu’à son premier hiver dans sa nouvelle vie.

    Notre avis : Un roman lumineux et réparateur, qui fait un bien fou en ces temps troublés. Une ode à la lenteur, au vivant et à la possibilité de changer de cap. À lire au jardin ou au coin du feu, selon la saison !

    Public : Tout public à partir de 16 ans, particulièrement recommandé aux amateurs de nature writing et de récits de reconstruction.


    4. « Mémoires d’une ombre » par Jean-Baptiste Delorme

    Éditions P.O.L – 528 pages

    Jean-Baptiste Delorme, Prix Médicis 2023 pour son précédent roman, revient avec une œuvre ambitieuse et complexe qui explore les zones grises de l’engagement politique pendant les années de plomb en Italie. « Mémoires d’une ombre » suit le parcours de Marco Santini, militant d’extrême gauche dans les années 1970, depuis ses idéaux de jeunesse jusqu’à sa tentative de reconstruction après des années passées dans la clandestinité.

    Le roman est construit comme une longue confession que Marco adresse à sa fille, quarante ans après les événements. Cette structure narrative permet à Delorme de jouer sur plusieurs niveaux temporels et de confronter constamment le jeune homme qu’était Marco avec l’homme vieillissant qu’il est devenu. Les allers-retours entre passé et présent ne sont jamais gratuits : ils éclairent la manière dont nous reconstruisons nos souvenirs, dont nous tentons de donner sens à nos errances, dont nous cherchons à nous justifier ou à nous comprendre nous-mêmes.

    L’auteur ne cherche jamais à juger ses personnages. Il montre avec une grande acuité psychologique comment de jeunes idéalistes peuvent basculer dans la violence, comment les logiques collectives peuvent broyer les individualités, comment la clandestinité peut à la fois exalter et détruire. Marco n’est ni un héros ni un monstre, c’est un homme complexe, pétri de contradictions, capable du meilleur et du pire.

    La force du roman réside aussi dans sa capacité à faire revivre une époque. Delorme a manifestement mené un travail de documentation impressionnant sur l’Italie des années de plomb. Les détails historiques sont justes, l’atmosphère de l’époque est restituée avec une rare précision, mais jamais le roman ne se transforme en simple chronique historique. L’Histoire sert de toile de fond à une interrogation plus intime sur l’engagement, la fidélité à ses idéaux, le prix de la radicalité.

    L’écriture de Delorme est dense, exigeante. Les phrases sont longues, parfois labyrinthiques, à l’image de la pensée de Marco qui tente de démêler l’écheveau de sa vie. Cette complexité stylistique peut dérouter certains lecteurs, mais elle est parfaitement cohérente avec le projet du roman : il ne s’agit pas de raconter une histoire simple, mais de plonger dans les méandres d’une conscience tourmentée.

    Le roman pose aussi, en filigrane, des questions très actuelles sur la violence politique, sur la frontière entre action légitime et terrorisme, sur la manière dont les sociétés gèrent leur passé conflictuel. Sans jamais être moralisateur, Delorme nous invite à réfléchir aux continuités et aux ruptures entre les radicalisations d’hier et d’aujourd’hui.

    Notre avis : Un roman puissant et dérangeant, qui ne laisse pas de repos. L’écriture exigeante et la complexité de la narration demandent un véritable investissement du lecteur, mais l’effort est largement récompensé. Une grande réussite littéraire.

    Public : Lecteurs avertis, amateurs de littérature exigeante et de romans historiques psychologiques.


    5. « Avant la nuit » par Léa Fontaine

    Éditions Grasset – 264 pages

    Notre sélection se clôt avec le premier roman de Léa Fontaine, jeune auteure de 28 ans qui signe une entrée remarquée en littérature. « Avant la nuit » raconte l’histoire de Camille, adolescente de 16 ans qui passe l’été chez son oncle photographe dans les Cévennes, juste après le divorce de ses parents.

    Le roman d’apprentissage est un genre classique, souvent galvaudé, mais Léa Fontaine parvient à le renouveler en profondeur. Elle évite tous les pièges du genre : pas de sentimentalisme facile, pas de sagesse artificielle, pas de résolution trop nette des conflits. Ce qui nous est donné à lire, c’est un été dans la vie d’une adolescente, avec ses doutes, ses découvertes, ses premiers émois, ses colères aussi.

    La grande force du roman réside dans la justesse du point de vue. Fontaine se glisse dans la peau de Camille avec une aisance confondante. La voix de la narratrice sonne absolument juste : on retrouve l’hypersensibilité de cet âge, cette façon d’être à fleur de peau, de vivre chaque émotion avec une intensité démesurée. Mais l’auteure sait aussi ménager de la distance, injecter de l’ironie, éviter le pathos.

    Le personnage de l’oncle, photographe raté qui a renoncé à ses ambitions artistiques, est particulièrement réussi. Loin d’être le mentor sage qui guide l’adolescente perdue, c’est un homme fragile, lui-même en recherche, qui transmet à Camille moins des leçons de vie qu’un certain rapport au monde, une manière d’être attentif aux choses simples.

    La photographie occupe une place centrale dans le roman. Camille apprend à regarder le monde à travers l’objectif, à cadrer, à choisir ce qu’elle veut montrer ou cacher. Cette initiation photographique devient métaphore de l’apprentissage de la vie : apprendre à voir, à choisir son point de vue, à composer avec la lumière et l’ombre.

    L’écriture de Fontaine est d’une grande fraîcheur. Les descriptions du paysage cévenol sont magnifiques, jamais lyriques à outrance mais toujours précises, concrètes. On sent que l’auteure connaît intimement ces paysages de châtaigniers et de rivières. Cette géographie n’est pas qu’un décor : elle participe à l’évolution de Camille, qui apprend à s’ancrer dans un lieu, à habiter un espace.

    Le roman aborde aussi avec finesse la question du divorce des parents, vu du point de vue de l’adolescente qui refuse d’être l’enjeu d’un conflit qui la dépasse. Fontaine montre bien comment les adultes, absorbés par leurs propres drames, peuvent être aveugles à la souffrance de leurs enfants. Mais là encore, elle évite le manichéisme : les parents de Camille ne sont ni des monstres ni des saints, juste des êtres humains imparfaits qui font du mieux qu’ils peuvent.

    Notre avis : Un premier roman d’une maturité étonnante. Léa Fontaine est assurément un nom à suivre. « Avant la nuit » est un livre délicat et fort, qui parle d’adolescence sans condescendance, de solitude sans complaisance, de beauté sans mièvrerie. Un vrai coup de cœur.

    Public : Adolescents à partir de 15 ans et adultes. Parfait pour les amateurs de récits d’apprentissage sensibles.


    Conclusion

    Cette sélection reflète la diversité et la richesse de la rentrée littéraire 2026. Du thriller social au roman intimiste, de la fresque historique au récit d’apprentissage, ces cinq romans témoignent de la vitalité de la création littéraire francophone.

    Nous avons particulièrement apprécié cette année la qualité d’écriture des auteurs, leur capacité à aborder des sujets graves sans lourdeur, à questionner notre époque tout en racontant des histoires captivantes. Ces romans nous ont fait réfléchir, voyager, ressentir des émotions intenses, et c’est bien là l’essentiel de ce qu’on peut attendre de la littérature.

    Tous ces ouvrages sont disponibles dès à présent à la Médiathèque André Michaud. N’hésitez pas à venir les découvrir et à partager avec nous vos impressions de lecture. Notre prochain club de lecture, prévu le 5 février à 18h30, sera d’ailleurs consacré à « Les Échos du silence » d’Élise Morand. Inscriptions au comptoir ou par mail.

    Et si vous avez vos propres coups de cœur de cette rentrée, nous serions ravis d’en discuter avec vous lors de votre prochaine visite. La lecture est avant tout une expérience de partage, et votre avis nous intéresse autant que celui des critiques littéraires !

    Belles lectures à tous,

    Marie Leroy
    Bibliothécaire secteur adultes
    Médiathèque André Michaud

  • Polar de l’été – « Les Ombres de Marseille » : Notre recommandation

    Polar de l’été – « Les Ombres de Marseille » : Notre recommandation

    Un polar qui fait honneur au genre

    Chaque été, c’est le même rituel : on cherche LE polar qui nous tiendra en haleine sur la plage, dans le train, ou sous un parasol. Celui qu’on ne pourra pas lâcher, celui qui nous fera oublier la chaleur et le temps qui passe. Cette année, j’ai trouvé la perle rare, et je m’empresse de vous la recommander : « Les Ombres de Marseille » de Thomas Carlier, publié aux éditions Gallimard dans la collection Série Noire.

    Ce roman, paru en mars 2026, a tout pour devenir le polar de l’été : une intrigue haletante, une atmosphère méditerranéenne envoûtante, des personnages complexes et attachants, et une écriture qui vous happe dès les premières lignes. Mais au-delà de ces qualités attendues dans un bon thriller, « Les Ombres de Marseille » se distingue par une vraie ambition littéraire et une réflexion profonde sur les dérives de notre société contemporaine.

    L’auteur : Thomas Carlier, un nom à retenir

    Avant de plonger dans le roman lui-même, quelques mots sur son auteur. Thomas Carlier, 42 ans, est un écrivain marseillais qui signe là son quatrième roman policier. Ses trois précédents ouvrages, publiés chez de plus petits éditeurs, avaient déjà reçu un accueil critique favorable, mais c’est avec « Les Ombres de Marseille », son premier titre chez Gallimard, qu’il accède enfin à une reconnaissance plus large.

    Un parcours atypique

    Le parcours de Carlier est pour le moins atypique. Après des études de sociologie à l’université d’Aix-Marseille, il a d’abord travaillé comme éducateur spécialisé dans les quartiers nord de Marseille pendant une dizaine d’années. « C’est là que j’ai vraiment appris à connaître la ville, ses habitants, ses codes », confie-t-il dans une interview récente. « J’ai côtoyé des gamins magnifiques, des familles courageuses, mais aussi toute la violence et l’injustice sociale qui rongent ces quartiers. »

    Cette expérience de terrain nourrit profondément son écriture. Carlier ne parle pas de Marseille de l’extérieur, en touriste ou en observateur distant. Il la connaît de l’intérieur, dans ses beautés comme dans ses plaies. Cette authenticité se ressent à chaque page de « Les Ombres de Marseille ».

    Une écriture qui mûrit

    Si ses premiers romans étaient prometteurs, Carlier atteint avec ce quatrième titre une forme de maturité d’écriture. Le style est plus assuré, plus maîtrisé. Il parvient à créer une véritable atmosphère, à faire exister Marseille comme un personnage à part entière, tout en maintenant un rythme haletant qui ne faiblit jamais.

    L’intrigue : tension et rebondissements

    Le pitch de départ

    L’histoire débute un matin de juin caniculaire. Le corps d’une jeune femme est découvert sur une plage des calanques, près de Cassis. Elle a été tuée d’une balle dans la tête, exécution froide et méthodique. Aucun papier d’identité, aucun signe distinctif permettant de l’identifier facilement.

    L’enquête est confiée à la commandante Clara Bonaldi, de la police judiciaire de Marseille. Quadragénaire désabusée, divorcée, Clara a vu passer suffisamment de cadavres dans sa carrière pour ne plus s’émouvoir de grand-chose. Pourtant, cette affaire va la bouleverser d’une manière qu’elle n’aurait jamais imaginée.

    Une enquête qui se complexifie

    Rapidement, l’identification de la victime révèle qu’il ne s’agit pas d’un simple règlement de comptes dans le milieu. La jeune femme, Nadia Meziani, était étudiante en architecture et n’avait a priori aucun lien avec la criminalité organisée. Ses parents, commerçants honnêtes installés dans le 15e arrondissement, sont effondrés et ne comprennent pas.

    Mais en creusant dans la vie de Nadia, Clara découvre que la jeune femme menait une double vie. Le jour, elle était l’étudiante brillante et sage que ses parents connaissaient. La nuit, elle fréquentait un tout autre monde : celui des boîtes de nuit branchées du Vieux-Port, des soirées privées dans les villas somptueuses des quartiers sud, un univers de luxe et de transgression.

    Des ramifications insoupçonnées

    L’enquête va progressivement révéler que Nadia avait été témoin d’événements compromettants impliquant des personnalités influentes de la ville : promoteurs immobiliers véreux, élus corrompus, policiers ripoux. Elle avait commencé à rassembler des preuves, peut-être dans l’espoir de les vendre, peut-être par idéalisme, on ne le saura jamais vraiment.

    Clara se retrouve alors confrontée à une omerta généralisée. Partout où elle enquête, on lui oppose des portes closes, des regards fuyants, des menaces à peine voilées. Même au sein de sa propre hiérarchie policière, on lui fait comprendre qu’il serait prudent de laisser tomber cette affaire.

    Des personnages complexes et crédibles

    Clara Bonaldi : une héroïne nuancée

    Le grand atout du roman, c’est son héroïne. Clara Bonaldi n’est pas une super-flic invincible comme on en voit tant dans les séries télévisées. C’est une femme fatiguée, usée par les années de service, par les compromissions qu’elle a dû faire, par les combats perdus d’avance.

    Elle boit trop, dort mal, a des relations compliquées avec sa fille adolescente qu’elle voit trop peu. Elle doute constamment, de son métier, de ses choix, du sens de son engagement. Pourtant, il y a en elle une forme d’obstination, un refus de lâcher prise qui la rend profondément attachante.

    Carlier parvient à rendre Clara à la fois forte et fragile, déterminée et vulnérable. C’est un personnage en trois dimensions, qui existe vraiment, et non une simple fonction narrative.

    Un casting de personnages secondaires remarquable

    Autour de Clara gravitent des personnages secondaires tous remarquablement écrits. Il y a Karim, jeune flic d’origine maghrébine qui devient son équipier et développe avec elle une relation complexe, faite de respect professionnel et de tensions identitaires.

    Il y a aussi Marco, ancien indic devenu ami, qui évolue dans les zones grises entre légalité et criminalité. Et puis Yasmine, la mère de Nadia, femme digne et courageuse qui refuse de voir sa fille réduite à une simple statistique.

    Chaque personnage a son épaisseur, son histoire, ses contradictions. Personne n’est tout blanc ou tout noir. C’est cette complexité humaine qui fait la richesse du roman.

    Une Marseille authentique et contrastée

    La ville comme personnage

    Si je devais citer la plus grande réussite de Carlier dans ce roman, ce serait sa capacité à faire vivre Marseille. La ville n’est pas qu’un décor, elle est un véritable personnage, avec ses humeurs, ses contradictions, sa beauté et sa violence.

    Les quartiers nord : entre solidarité et galère

    Carlier connaît intimement les quartiers nord de Marseille, et ça se sent. Il décrit avec justesse et sans misérabilisme la vie dans ces cités où se côtoient pauvreté et solidarité, débrouille et résignation. On sent la chaleur écrasante de l’été dans les barres de béton, le bruit des mobylettes qui pétaradent, les odeurs de merguez sur les barbecues de fortune.

    Mais il évite soigneusement le voyeurisme ou la caricature. Les habitants de ces quartiers ne sont ni des victimes passives ni des délinquants par nature. Ce sont des gens qui vivent, aiment, espèrent, se débattent dans un système qui ne leur laisse pas beaucoup de choix.

    Le centre-ville : luxe et corruption

    En contrepoint, Carlier dépeint le Marseille des beaux quartiers, celui du Vieux-Port rénové, des restaurants étoilés, des yachts dans le port de plaisance. Un Marseille de carte postale où l’argent coule à flots, souvent de sources douteuses.

    C’est dans ce Marseille-là que se nouent les intrigues de corruption, que s’échangent les enveloppes, que se scellent les pactes entre le monde des affaires et celui de la politique. Carlier montre avec acuité comment la gentrification de certains quartiers se fait au prix de l’exclusion des plus pauvres, comment le profit de quelques-uns se construit sur la misère du plus grand nombre.

    Les calanques : une nature sauvage et implacable

    Enfin, il y a les calanques, ces espaces naturels magnifiques qui bordent Marseille. Dans le roman, elles sont à la fois un lieu de beauté et de mort. C’est là que le corps de Nadia est découvert, c’est là aussi que se joueront plusieurs scènes cruciales de l’enquête.

    Carlier sait rendre la beauté sauvage de ces paysages calcaires plongeant dans la Méditerranée, mais aussi leur caractère impitoyable. Les calanques peuvent être accueillantes ou hostiles, selon qu’on les connaît ou non, selon qu’on les respecte ou qu’on les profane.

    Les thématiques sociales au cœur du récit

    La corruption et l’impunité des puissants

    Au-delà de son intrigue policière, « Les Ombres de Marseille » est aussi un roman sur la corruption systémique. Carlier montre comment l’argent sale imprègne tous les niveaux de la société marseillaise, comment les réseaux de pouvoir protègent les puissants et sacrifient les faibles.

    Le système D et ses limites

    Le roman explore aussi cette culture marseillaise du « système D », de la débrouille, de l’arrangement. Une culture qui peut être positive quand elle traduit la solidarité et l’ingéniosité, mais qui devient toxique quand elle se transforme en corruption généralisée et en règne de l’entre-soi.

    Les inégalités sociales et territoriales

    Carlier ne se contente pas de dénoncer la corruption. Il montre aussi comment les inégalités sociales et territoriales structurent la ville, comment certains quartiers sont abandonnés par la République tandis que d’autres sont surinvestis, comment cette géographie de l’inégalité produit de la violence et du ressentiment.

    Le destin des jeunes des quartiers populaires

    À travers le personnage de Nadia, mais aussi ceux de jeunes policiers comme Karim ou de délinquants croisés au fil de l’enquête, Carlier s’interroge sur le destin des jeunes issus des quartiers populaires. Quelles sont leurs perspectives ? Quelles sont leurs marges de manœuvre dans une société qui les a déjà catalogués, assignés à une place ?

    L’identité méditerranéenne

    Enfin, le roman questionne ce qu’être marseillais veut dire aujourd’hui. Marseille, ville méditerranéenne, carrefour de cultures, porte de l’Orient… ces formules convenues recouvrent-elles une réalité vivante ou ne sont-elles qu’un vernis touristique ?

    Carlier montre une Marseille multiple, traversée de tensions mais aussi riche de sa diversité. Une ville qui ne se laisse pas résumer à une image unique, qui échappe aux catégories simples.

    Le style : efficace et littéraire

    Une écriture visuelle et sensorielle

    L’écriture de Carlier a cette qualité rare de vous plonger immédiatement dans l’action. Dès les premières pages, on voit Marseille, on sent son atmosphère, on entend ses bruits. C’est une écriture très visuelle, presque cinématographique, mais sans jamais sacrifier la profondeur à l’efficacité.

    Des dialogues qui sonnent juste

    Les dialogues sont particulièrement réussis. Carlier a l’oreille pour les manières de parler, pour l’accent marseillais qu’il retranscrit avec justesse sans tomber dans le pittoresque forcé. Chaque personnage a sa voix propre, reconnaissable.

    Un rythme haletant

    Le roman est découpé en chapitres courts qui alternent différents points de vue : celui de Clara bien sûr, mais aussi parfois celui de personnages secondaires, voire celui du tueur lui-même. Cette construction crée un rythme haletant, une montée progressive de la tension.

    Carlier maîtrise parfaitement l’art du cliffhanger : chaque chapitre se termine sur une révélation, une question, un suspense qui donne envie de tourner la page. C’est le genre de livre qu’on commence le soir et qu’on finit au petit matin parce qu’on ne peut pas s’arrêter.

    Une dimension littéraire assumée

    Mais « Les Ombres de Marseille » n’est pas qu’un page-turner efficace. C’est aussi un roman qui a des ambitions littéraires. Les descriptions de Marseille sont souvent d’une grande beauté, presque poétiques. Carlier prend le temps de peindre des atmosphères, de créer des images fortes.

    Certains passages sur la solitude de Clara, sur le poids du passé, sur la difficulté de rester droit dans un monde tordu, atteignent une vraie profondeur philosophique. Le polar devient alors prétexte à une méditation sur la condition humaine, sur ce qui reste de notre humanité quand tout autour de nous pousse à la déshumanisation.

    Pourquoi ce livre pour l’été ?

    L’ambiance méditerranéenne

    Première raison évidente : l’ambiance. « Les Ombres de Marseille » respire le sud, le soleil, la Méditerranée. C’est le roman parfait pour vous transporter, même si vous ne partez pas en vacances dans le Midi.

    Carlier sait rendre la lumière particulière de Marseille, cette luminosité écrasante de l’été, les couleurs saturées de la mer et du ciel. Lire ce livre, c’est un peu comme partir en voyage, sentir le vent du large, entendre les cigales.

    Un suspense idéal pour la plage

    Deuxième raison : le suspense. C’est exactement le type de thriller qu’on dévore en quelques heures, installé sur un transat ou dans un hamac. L’intrigue est suffisamment complexe pour maintenir l’intérêt, mais pas au point de perdre le lecteur. Les rebondissements sont nombreux mais toujours crédibles.

    C’est un polar qui se lit facilement, sans être simpliste pour autant. On peut le lire d’une traite ou y revenir par sessions, le plaisir est intact.

    Une réflexion qui prolonge la lecture

    Troisième raison : la profondeur du propos. Au-delà du plaisir immédiat de l’intrigue, « Les Ombres de Marseille » vous laisse avec des questions, des réflexions. C’est le genre de livre dont on parle après coup, qu’on a envie de conseiller, de partager.

    Parfait donc pour ces discussions de vacances, quand on prend le temps d’échanger vraiment, loin du rythme effréné du quotidien.

    Notre verdict et recommandations

    Un polar complet et réussi

    « Les Ombres de Marseille » coche toutes les cases d’un excellent polar : intrigue bien ficelée, personnages attachants, atmosphère prenante, style maîtrisé, rythme soutenu. Mais il va au-delà du simple divertissement en proposant une vraie réflexion sur notre société.

    C’est un roman qui respecte l’intelligence du lecteur, qui ne prend pas de raccourcis faciles, qui assume sa complexité tout en restant accessible.

    À qui le recommander ?

    Vous aimerez « Les Ombres de Marseille » si :

    • Vous appréciez les polars atmosphériques ancrés dans un territoire
    • Vous aimez les enquêtrices fortes et nuancées
    • Les thrillers sociaux vous intéressent
    • Vous cherchez un page-turner intelligent
    • Marseille vous fascine ou vous intrigue
    • Vous avez aimé les romans de Dominique Manotti, DOA, ou Jean-Claude Izzo

    Ce roman pourrait vous décevoir si :

    • Vous préférez les polars à énigme classiques
    • La violence (mesurée mais présente) vous rebute
    • Vous cherchez une lecture ultra-légère sans aucune profondeur
    • Les descriptions vous ennuient

    Et pour prolonger l’expérience…

    Si « Les Ombres de Marseille » vous a plu, je vous recommande de découvrir les précédents romans de Thomas Carlier, notamment « La Nuit de la Canebière » et « Sous le soleil noir », disponibles à la médiathèque.

    Dans un registre similaire de polar social méditerranéen, vous pouvez aussi vous tourner vers :

    • La trilogie marseillaise de Jean-Claude Izzo (culte absolu)
    • Les romans de Cédric Fabre
    • « Muerte » de Brigitte Kernel

    Disponibilité et événement à venir

    « Les Ombres de Marseille » est disponible dès maintenant à la Médiathèque André Michaud. Nous en avons acquis 3 exemplaires.

    Vous pouvez le réserver sur notre catalogue en ligne ou directement au comptoir. Attention, plusieurs personnes l’ont déjà réservé, le délai d’attente est actuellement d’environ 2 semaines.

    Bonne nouvelle : Nous avons le plaisir d’accueillir Thomas Carlier le samedi 15 juin à 18h pour une rencontre-dédicace. L’auteur viendra nous parler de son roman, de son Marseille, de son écriture. Il répondra à vos questions et dédicacera vos exemplaires.

    Entrée libre, sans réservation. Une séance qu’il ne faudra pas manquer pour les amateurs de polars !

    Conclusion

    « Les Ombres de Marseille » s’impose déjà comme l’un des meilleurs polars de ce début d’année 2026. Thomas Carlier confirme tout le talent qu’on lui pressentait et livre un thriller complet, haletant, intelligent et profondément humain.

    C’est LE polar que je vous recommande pour cet été. Celui qui vous tiendra éveillé bien après l’heure du coucher, celui dont vous parlerez à vos amis, celui que vous n’oublierez pas de sitôt.

    Alors n’attendez plus, réservez-le, emportez-le en vacances, et laissez-vous emporter dans les rues brûlantes de Marseille, sur les traces de Clara Bonaldi et de cette enquête qui la dépassera.

    Bonnes lectures estivales à tous !

    Pierre Dubois
    Responsable numérique
    Médiathèque André Michaud

  • Portrait d’une bibliothécaire – Rencontre avec Marie Leroy

    Portrait d’une bibliothécaire – Rencontre avec Marie Leroy

    Une vocation née dans les rayonnages

    Marie Leroy, 38 ans, est bibliothécaire responsable du secteur adultes à la Médiathèque André Michaud depuis maintenant huit ans. Derrière son sourire chaleureux et sa disponibilité légendaire auprès des usagers se cache une passionnée de littérature qui a fait de sa vocation un métier. Rencontre avec une amoureuse des mots qui œuvre chaque jour à transmettre le plaisir de la lecture.

    L’enfance parmi les livres

    « Je crois que j’ai toujours su que je voulais travailler avec les livres », confie Marie en s’installant dans l’un des fauteuils de la médiathèque, un café à la main. « Mes premiers souvenirs sont liés à la bibliothèque municipale de ma ville natale, Charleville-Mézières. Ma mère m’y emmenait tous les mercredis, et je passais des heures à explorer les rayonnages, à sentir l’odeur des livres, à me perdre dans des univers parallèles. »

    Cette passion précoce pour la lecture ne la quittera plus. Enfant, puis adolescente, Marie est ce qu’on appelle une « dévoreuse de livres ». Romans d’aventure, fantasy, classiques de la littérature française, elle lit tout ce qui lui tombe sous la main. « J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont toujours encouragée dans cette passion. Ils ne m’ont jamais dit ‘arrête de lire, va plutôt jouer dehors’. Au contraire, ils alimentaient ma bibliothèque personnelle et respectaient mes moments de lecture. »

    Un déclic au lycée

    C’est au lycée que l’idée de faire de cette passion un métier prend vraiment forme. « J’avais une professeure de français exceptionnelle, Madame Rousseau. Elle ne se contentait pas de nous faire étudier les œuvres au programme, elle nous faisait découvrir des auteurs contemporains, elle organisait des rencontres avec des écrivains, elle nous emmenait dans des salons du livre. C’est elle qui m’a fait comprendre qu’on pouvait vivre de et pour les livres, que c’était un métier, une vocation même. »

    Marie hésite alors entre deux voies : l’enseignement de la littérature ou le métier de bibliothécaire. « J’aimais l’idée de transmettre, mais je ne me sentais pas faite pour la classe, pour ce rapport frontal avec les élèves. La bibliothèque me semblait un espace plus libre, plus ouvert, où la transmission se fait autrement, de manière plus horizontale. »

    Un parcours de formation exigeant

    Le chemin pour devenir bibliothécaire est plus long et complexe qu’on ne l’imagine souvent. Marie nous raconte son parcours de formation, semé d’études et de concours.

    La licence de Lettres modernes

    Première étape : une licence de Lettres modernes à l’Université de Reims Champagne-Ardenne. « Ces trois années m’ont permis d’acquérir une vraie culture littéraire, d’apprendre à analyser les textes, à les contextualiser. J’ai découvert des pans entiers de la littérature que je ne connaissais pas : la littérature médiévale, la théorie littéraire, la linguistique. C’était passionnant, même si parfois un peu aride. »

    Pendant sa licence, Marie ne néglige pas l’aspect professionnel. Elle effectue plusieurs stages en bibliothèque, d’abord comme bénévole puis comme stagiaire. « Ces expériences de terrain étaient essentielles. Elles m’ont permis de découvrir la réalité du métier, au-delà de l’image romantique qu’on peut en avoir. »

    Le master Métiers du livre

    Après sa licence, Marie s’oriente vers un master professionnel « Métiers du livre et de l’édition » spécialité bibliothèque. « C’est là que j’ai vraiment appris le métier. On nous enseignait les techniques de catalogage, la gestion des collections, l’accueil du public, les politiques documentaires, le droit de l’information… C’était très concret, très professionnalisant. »

    Le master comporte également un stage long de six mois. Marie le réalise à la Bibliothèque Municipale de Reims. « Ce stage a été déterminant. J’ai eu la chance d’être encadrée par des professionnels passionnés qui m’ont vraiment formée, qui m’ont fait confiance aussi. J’ai pu mener des projets, participer à des acquisitions, animer des ateliers. À la fin du stage, je savais que c’était ça que je voulais faire. »

    Le concours de la fonction publique

    Pour devenir bibliothécaire titulaire dans une bibliothèque publique, il faut passer un concours de la fonction publique territoriale. « Le concours de bibliothécaire territorial est réputé difficile. Il y a beaucoup de candidats pour peu de postes. J’ai passé un an à réviser, à me préparer aux épreuves écrites et orales. »

    Marie réussit le concours du premier coup, en 2012. « C’était un immense soulagement et une grande fierté. Mais réussir le concours ne garantit pas un emploi immédiat. Il faut ensuite être recruté par une collectivité, et les postes ne sont pas si nombreux. »

    Le quotidien d’une bibliothécaire

    Après deux ans sur un poste en bibliothèque départementale, Marie est recrutée par la Ville de Reims en 2018 pour travailler à la Médiathèque André Michaud. Depuis, elle y construit son quotidien professionnel, riche et varié.

    Une journée type… qui n’existe pas vraiment

    « On me demande souvent : ‘c’est quoi une journée type pour vous ?’. Et la réponse, c’est qu’il n’y en a pas vraiment », sourit Marie. « C’est justement ce qui rend le métier intéressant : chaque jour est différent. »

    Néanmoins, elle accepte de nous décrire une journée classique, tout en précisant que c’est un condensé fictif de plusieurs journées réelles.

    Le matin : accueil et conseil

    « J’arrive généralement vers 9h, une heure avant l’ouverture au public. Je commence par consulter mes mails, vérifier les réservations de la veille, préparer les documents à mettre de côté pour les lecteurs. Ensuite, je vérifie que tout est en ordre dans mon secteur : les livres sont-ils bien rangés ? Y a-t-il des documents à remettre en rayon ? Les présentoirs sont-ils attrayants ? »

    À 10h, ouverture des portes. « Les premières heures de la matinée sont souvent calmes, surtout en semaine. C’est le moment idéal pour les lecteurs qui cherchent le calme, pour les retraités, pour ceux qui aiment prendre leur temps. J’adore ces moments où je peux vraiment discuter avec les gens, leur conseiller des livres, comprendre leurs goûts. »

    Entre conseil et médiation

    Le cœur du métier de bibliothécaire, pour Marie, c’est la médiation. « Beaucoup de gens pensent qu’on passe notre temps à ranger des livres. C’est une partie du travail, mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est d’être une passerelle entre les livres et les lecteurs. »

    Cette médiation prend des formes variées : conseiller un roman à quelqu’un qui ne sait pas quoi lire, aider un étudiant à trouver des sources pour un mémoire, faire découvrir un auteur méconnu, organiser une table thématique qui donnera des idées…

    « Il y a quelques jours, une dame est venue me voir. Elle m’a dit : ‘Je n’ai pas lu depuis des années, je ne sais même plus par où commencer’. On s’est assises, on a discuté de ses goûts, de ce qu’elle aimait regarder à la télé, des films qui l’avaient marquée. Et progressivement, j’ai réussi à cerner ce qui pourrait lui plaire. Je lui ai conseillé trois romans. Elle est revenue la semaine suivante, elle avait déjà dévoré le premier et m’en a redemandé. Ces moments-là, c’est ce qui fait tout le sel du métier. »

    Les tâches invisibles mais essentielles

    Au-delà de l’accueil du public, une grande partie du travail du bibliothécaire se fait en coulisses.

    L’acquisition et le catalogage

    « Chaque mois, je consacre du temps à sélectionner de nouveaux livres à acheter. Je consulte les revues professionnelles, les critiques, les sites spécialisés. J’essaie de maintenir un équilibre entre les nouveautés très demandées et des livres plus pointus, entre les best-sellers et les petits éditeurs. »

    Une fois les livres commandés et réceptionnés, il faut les cataloguer, c’est-à-dire créer leur notice dans le système informatique, leur attribuer une cote, les équiper (couvrir, coller le code-barres, mettre la puce antivol). « C’est un travail minutieux, mais essentiel pour que les lecteurs puissent ensuite trouver les livres. »

    Le désherbage

    Un terme peu connu du grand public : le désherbage. « Régulièrement, on retire des collections les livres abîmés, obsolètes ou qui ne sont plus empruntés. C’est important pour maintenir des rayonnages attractifs et pour faire de la place aux nouveautés. Mais ce n’est pas toujours facile de se séparer de livres, même quand on sait que c’est nécessaire. »

    La veille professionnelle

    Marie consacre également du temps à ce qu’on appelle la veille professionnelle. « Je lis des blogs littéraires, je suis des comptes Instagram de bookstagrameurs, j’écoute des podcasts sur les livres. Je vais aussi dans des librairies, je participe à des salons du livre. Tout ça me permet de rester à jour, de connaître les tendances, de découvrir des pépites. »

    L’animation culturelle

    Enfin, une part croissante du métier de bibliothécaire consiste à organiser des animations culturelles.

    Les clubs de lecture

    Marie anime un club de lecture pour adultes qui se réunit une fois par mois. « On choisit ensemble un livre, chacun le lit de son côté, et on se retrouve pour en discuter. Ces échanges sont toujours très riches. On n’a jamais tous la même lecture d’un livre, et c’est ça qui est passionnant. »

    Les rencontres d’auteurs

    Plusieurs fois par an, la médiathèque organise des rencontres avec des auteurs. « C’est moi qui prends contact avec les auteurs ou leurs éditeurs, qui organise la logistique, qui anime la rencontre. C’est beaucoup de travail, mais c’est extraordinaire de faire se rencontrer un auteur et ses lecteurs. »

    Les expositions thématiques

    Marie crée régulièrement des expositions thématiques dans la médiathèque. « Par exemple, pour le printemps des poètes, j’ai monté une expo sur la poésie contemporaine. Pour la journée des droits des femmes, une sélection de livres écrits par et sur des femmes. C’est une manière de mettre en avant certains livres, de créer du lien entre les collections. »

    Les défis du métier

    Comme tout métier, celui de bibliothécaire comporte son lot de défis et de difficultés. Marie accepte d’en parler avec franchise.

    Les contraintes budgétaires

    « Le premier défi, c’est le budget. Les moyens alloués aux bibliothèques ne sont pas extensibles, et avec l’inflation, l’augmentation du prix des livres, on doit faire des choix. On ne peut pas tout acheter, et c’est frustrant. »

    L’évolution des pratiques culturelles

    « Les habitudes de lecture évoluent, c’est un fait. Les gens lisent moins, ou différemment. La concurrence des écrans est réelle. Notre défi, c’est de continuer à donner envie de lire, de montrer que le livre a quelque chose d’unique à offrir. »

    La précarité de certains collègues

    Marie soulève aussi la question des conditions de travail dans la profession. « Beaucoup de bibliothécaires, surtout en début de carrière, sont précaires : CDD, vacations, remplacements… C’est difficile de construire un projet professionnel dans ces conditions. Heureusement, j’ai la chance d’être titulaire, mais je pense souvent à mes collègues qui galèrent. »

    Les incivilités

    Enfin, même si c’est rare, il y a parfois des situations difficiles avec le public. « La plupart des gens sont adorables, mais on a aussi affaire à des personnes agressives, qui ne respectent pas les règles, qui insultent le personnel. Ce n’est jamais facile à gérer, même quand on est formé pour. »

    Les joies et les satisfactions

    Mais heureusement, les satisfactions sont nombreuses et compensent largement les difficultés.

    La transmission du plaisir de lire

    « Ce qui me rend la plus heureuse, c’est quand je réussis à transmettre mon amour des livres. Quand quelqu’un revient me voir pour me dire ‘j’ai adoré le livre que vous m’avez conseillé’, ou quand je vois des enfants qui prennent goût à la lecture grâce aux animations qu’on propose. »

    La diversité des rencontres

    « Je rencontre des gens de tous horizons, de tous âges, de toutes conditions sociales. Cette diversité est une richesse incroyable. J’apprends autant de mes lecteurs qu’ils apprennent de moi. »

    L’évolution permanente

    « Le métier évolue constamment. On intègre de plus en plus le numérique, on développe de nouveaux services, on réinvente notre rôle. C’est stimulant intellectuellement, on ne s’ennuie jamais. »

    Les coups de cœur littéraires de Marie

    Impossible de parler avec Marie sans évoquer ses propres lectures. Je lui demande de me citer quelques coups de cœur récents.

    Romans contemporains

    « J’ai beaucoup aimé ‘Jacaranda’ de Gaël Faye. C’est une fresque familiale magnifique, portée par une écriture lumineuse. Faye parle du Rwanda, de l’exil, de la transmission, avec une justesse incroyable. »

    « Je citerais aussi ‘Le Grand Monde’ de Pierre Lemaitre. Un roman fleuve sur la France du XXe siècle, haletant et passionnant. »

    Littérature étrangère

    « Du côté de la littérature étrangère, j’ai été bouleversée par ‘Là où chantent les écrevisses’ de Delia Owens. Un roman sur la nature, la solitude, le désir de liberté. Magnifique. »

    « Et puis ‘Pachinko’ de Min Jin Lee, une saga familiale coréenne sur plusieurs générations. Puissant et émouvant. »

    Le livre de chevet

    « Si je ne devais garder qu’un seul livre, ce serait ‘L’Élégance du hérisson’ de Muriel Barbery. C’est un livre que je relis régulièrement, qui me fait du bien à chaque fois. L’histoire de Renée, cette concierge autodidacte qui cache son intelligence et sa culture, résonne particulièrement pour moi. »

    Vision de la médiathèque de demain

    Pour finir, je demande à Marie comment elle imagine la médiathèque dans dix ans.

    Un lieu de vie et de rencontre

    « Je pense que la médiathèque de demain sera encore plus un lieu de vie, un tiers-lieu comme on dit. Un endroit où on ne vient pas seulement emprunter des livres, mais aussi pour travailler, se rencontrer, participer à des ateliers, assister à des concerts… »

    L’hybridation papier-numérique

    « Le numérique va prendre une place croissante, c’est inévitable. Mais je ne crois pas du tout à la disparition du livre papier. Je pense qu’on va vers une cohabitation, une hybridation. Certains liront sur liseuse, d’autres sur papier, et beaucoup feront les deux selon les circonstances. »

    La médiation au cœur

    « Ce qui restera central, c’est notre rôle de médiateurs. Les gens ont de plus en plus besoin d’être guidés, accompagnés dans cette jungle informationnelle. Notre expertise, notre capacité à conseiller, à orienter, à créer du lien entre les gens et les contenus culturels, sera plus importante que jamais. »

    L’ouverture sur la cité

    « Enfin, je pense que les médiathèques vont s’ouvrir davantage sur leur environnement. Travailler en réseau avec les écoles, les associations, les maisons de retraite… Aller vers les publics qui ne viennent pas spontanément à nous. C’est un enjeu majeur. »

    Un métier passion

    Au terme de cet échange, une chose est claire : pour Marie, bibliothécaire n’est pas simplement un métier, c’est une passion, presque une vocation.

    « Je ne me vois pas faire autre chose », confie-t-elle. « Bien sûr, il y a des jours difficiles, des moments de découragement. Mais quand je vois la joie dans les yeux d’un enfant qui repart avec une pile de livres, quand un lecteur me remercie pour un conseil qui a changé sa vision de la lecture, quand je vois notre médiathèque vivante, bourdonnante d’activité… je me dis que j’ai beaucoup de chance de faire ce métier. »

    Et nous, lecteurs de la Médiathèque André Michaud, nous avons beaucoup de chance d’avoir des bibliothécaires comme Marie, qui mettent leur cœur et leur compétence au service du livre et de la lecture.


    Sophie Martin
    Directrice
    Médiathèque André Michaud

  • Journée mondiale du livre – Programme spécial le 23 avril 2026

    Journée mondiale du livre – Programme spécial le 23 avril 2026

    Une célébration universelle de la lecture

    Chaque année, le 23 avril, le monde entier célèbre la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Cette date n’a pas été choisie au hasard : c’est le jour anniversaire de la mort de trois grands auteurs de la littérature mondiale – William Shakespeare, Miguel de Cervantes et Inca Garcilaso de la Vega – tous disparus le 23 avril 1616.

    Depuis 1995, l’UNESCO a fait de cette date un moment privilégié pour rendre hommage aux livres et aux auteurs, encourager la lecture, et rappeler l’importance du livre comme vecteur de culture, de connaissance et de dialogue entre les peuples.

    À la Médiathèque André Michaud, nous prenons cette célébration très à cœur. Cette année, nous avons concocté un programme riche et varié pour le mercredi 23 avril 2026, une journée entièrement dédiée au livre sous toutes ses formes. Que vous soyez petit ou grand, lecteur assidu ou occasionnel, nous vous invitons à venir partager avec nous cette passion commune pour la lecture.

    Un programme de 10h à 20h non-stop

    Pour cette édition 2026, nous avons décidé de voir les choses en grand : la médiathèque sera exceptionnellement ouverte de 10h à 20h en continu, avec des animations programmées toute la journée. Toutes les activités sont gratuites et ouvertes à tous, sans inscription préalable (sauf mention contraire).

    Voici le programme détaillé de cette journée exceptionnelle :


    10h00 – 10h30 : Ouverture festive et café littéraire

    La journée débutera par une ouverture en fanfare dans le hall de la médiathèque. Notre équipe vous accueillera avec café, thé et viennoisises pour bien commencer cette journée dédiée aux livres.

    Ambiance musicale assurée par le quartet de jazz manouche « Les Pages Volantes », qui jouera des morceaux inspirés de la littérature (Django Reinhardt rencontre Marcel Proust, ça vous tente ?).

    Public : Tout public
    Lieu : Hall d’accueil
    Accès : Libre, gratuit


    10h30 – 12h00 : Marathon de lectures publiques

    Dans différents espaces de la médiathèque, des lecteurs bénévoles – bibliothécaires, auteurs locaux, comédiens amateurs, et vous si vous le souhaitez ! – se relaieront pour lire à voix haute des extraits de leurs livres préférés.

    Chaque lecture dure environ 10 minutes, suivie d’un court échange avec le public. C’est l’occasion de découvrir des pépites littéraires, de se laisser surprendre par des textes qu’on n’aurait jamais ouverts spontanément, et de partager le plaisir de la lecture à voix haute.

    Les genres seront variés : romans classiques et contemporains, poésie, théâtre, bande dessinée, littérature jeunesse… Il y en aura pour tous les goûts !

    Programme des lectures :

    • 10h30 : « Les Misérables » de Victor Hugo (extrait choisi)
    • 10h45 : « L’Étranger » d’Albert Camus
    • 11h00 : Poèmes de Jacques Prévert
    • 11h15 : « Harry Potter à l’école des sorciers » de J.K. Rowling
    • 11h30 : « Beloved » de Toni Morrison
    • 11h45 : Texte surprise (un lecteur du public ?)

    Public : Tout public à partir de 8 ans
    Lieux : Espaces lecture adultes et jeunesse
    Participation : Si vous souhaitez lire un extrait (5-10 min), inscrivez-vous à l’accueil dès 10h !


    11h00 – 12h00 : Atelier créatif enfants « Fabrique ton marque-page magique »

    Pendant que les parents profitent des lectures publiques, les enfants de 6 à 12 ans pourront participer à un atelier créatif animé par Marie, notre bibliothécaire jeunesse.

    Au programme : fabrication de marque-pages personnalisés en utilisant différentes techniques (découpage, collage, aquarelle, paillettes…). Chaque enfant repartira avec sa création et pourra l’utiliser immédiatement pour marquer sa page dans son livre préféré !

    Matériel fourni sur place. Les enfants peuvent apporter leur livre du moment pour s’en inspirer.

    Public : Enfants de 6 à 12 ans
    Lieu : Salle d’animation jeunesse
    Places : Limitées à 15 enfants
    Inscription : Obligatoire à l’accueil dès 10h


    12h00 – 14h00 : Pique-nique littéraire dans le jardin

    Si la météo le permet (et les prévisions sont optimistes !), nous transformerons le jardin de la médiathèque en espace de pique-nique géant.

    Apportez votre panier-repas et venez partager un moment convivial autour des livres. Des plaids et des coussins seront mis à disposition pour s’installer confortablement.

    Pendant le repas, des bénévoles circuleront avec un chariot de « livres nomades » : des ouvrages que vous pourrez feuilleter, lire quelques pages, et échanger avec vos voisins de plaid.

    Ambiance musicale douce assurée par une harpiste qui jouera des airs inspirés de contes et légendes.

    Public : Tout public
    Lieu : Jardin de la médiathèque (ou hall en cas de pluie)
    À prévoir : Votre pique-nique


    14h00 – 15h30 : Grand troc de livres

    L’un des temps forts de la journée : le grand troc de livres !

    Le principe est simple : vous apportez des livres dont vous ne voulez plus (en bon état), vous recevez en échange des « bons de troc », et vous repartez avec de nouvelles lectures !

    Règles du troc :

    • 1 livre apporté = 1 bon de troc
    • Maximum 5 livres par personne
    • Les livres doivent être en bon état
    • Tous les genres acceptés (romans, BD, jeunesse, essais…)
    • Les livres non troqués seront donnés à des associations

    C’est l’occasion de renouveler sa bibliothèque personnelle tout en faisant une bonne action écologique : donner une seconde vie aux livres !

    Une table sera également dédiée aux « livres voyageurs » : des ouvrages que vous pouvez prendre sans rien donner en échange, avec la simple promesse de les transmettre à quelqu’un d’autre après lecture.

    Public : Tout public
    Lieu : Hall principal
    Fonctionnement : Amenez vos livres dès 10h pour obtenir vos bons, troquéz entre 14h et 15h30


    14h30 – 15h30 : Heure du conte géante « Voyage autour du monde en 10 histoires »

    Pour les plus jeunes (3-8 ans), une heure du conte géante animée par deux comédiens professionnels de la compagnie « Les Raconteurs d’Histoires ».

    Au programme : un voyage imaginaire autour du monde à travers 10 contes courts venus des cinq continents. Afrique, Asie, Amérique, Europe, Océanie… chaque histoire nous fera découvrir une culture, une tradition, une façon de voir le monde.

    Les conteurs alterneront récits, chansons, et interactions avec le public. Un spectacle vivant et participatif qui éveillera la curiosité des enfants pour les cultures du monde.

    Public : Enfants de 3 à 8 ans (+ parents bienvenus)
    Lieu : Auditorium
    Places : Limitées à 50 personnes
    Accès : Libre dans la limite des places disponibles (premier arrivé, premier servi)


    15h30 – 17h00 : Rencontre avec l’auteure Camille Laurens

    Nous avons la chance d’accueillir Camille Laurens, écrivaine française renommée, Prix Fémina 2000 pour « Dans ces bras-là » et auteure de nombreux romans salués par la critique.

    Camille Laurens viendra nous parler de son parcours d’écrivaine, de son dernier roman, et du métier d’auteur aujourd’hui. Elle répondra également à vos questions et échangera avec vous sur le processus de création littéraire.

    Une séance de dédicaces suivra la rencontre. Ses livres seront disponibles à la vente sur place grâce à notre partenariat avec la librairie « Le Livre-Échange » de Reims.

    Cette rencontre est une opportunité rare d’échanger directement avec une grande voix de la littérature française contemporaine.

    Public : Adultes et adolescents à partir de 15 ans
    Lieu : Auditorium
    Places : Limitées à 80 personnes
    Réservation : Fortement conseillée (en ligne ou à l’accueil)


    16h00 – 17h30 : Atelier d’écriture créative pour ados

    Pendant la rencontre avec Camille Laurens, les adolescents qui préfèrent passer à la pratique pourront participer à un atelier d’écriture animé par Thomas Reverdy, écrivain rémois et professeur d’atelier d’écriture.

    Thème de l’atelier : « Et si j’étais un personnage de roman ? »

    Les participants seront invités à se mettre dans la peau d’un personnage de fiction, à imaginer leur vie romanesque, à écrire leur premier chapitre. Un exercice ludique et stimulant pour découvrir le plaisir de l’écriture.

    À la fin de l’atelier, ceux qui le souhaitent pourront lire leur texte à voix haute. Tous les textes seront rassemblés dans un petit livret qui sera mis en ligne sur notre site.

    Public : Adolescents de 13 à 18 ans
    Lieu : Salle de formation
    Places : Limitées à 12 participants
    Inscription : Obligatoire (en ligne ou à l’accueil)
    À prévoir : De quoi écrire (papier et stylo fournis si besoin)


    17h30 – 18h30 : Café littéraire « Coup de cœur express »

    Un moment convivial et informel où chacun peut venir présenter en 3 minutes son coup de cœur littéraire du moment.

    Le concept : vous avez aimé un livre ? Venez nous le faire découvrir en quelques minutes, sans préparation, juste avec votre enthousiasme ! Romans, BD, essais, poésie… tous les genres sont bienvenus.

    L’objectif n’est pas de faire une analyse littéraire savante, mais simplement de transmettre le plaisir que vous avez eu à lire ce livre. Pourquoi l’avez-vous aimé ? À qui le conseilleriez-vous ? Qu’est-ce qui vous a marqué ?

    Un moment de partage et de transmission qui donne souvent envie de découvrir de nouveaux horizons de lecture.

    Café, thé et gâteaux offerts pour accompagner ces échanges littéraires.

    Public : Tout public à partir de 15 ans
    Lieu : Espace café-lecture
    Participation : Libre (vous pouvez juste écouter ou présenter un livre)
    Durée de présentation : 3 minutes maximum par personne


    18h30 – 19h30 : Concert littéraire « Mots et musiques »

    Un moment poétique et musical avec le duo « Plume & Cordes » composé de Sophie (comédienne) et Antoine (guitariste classique).

    Le concept : Sophie lit des extraits de textes littéraires (poèmes, nouvelles, passages de romans) accompagnée en direct par Antoine à la guitare classique. La musique vient souligner, amplifier, dialoguer avec les mots.

    Au programme : Victor Hugo, Baudelaire, Apollinaire, mais aussi des textes contemporains de Marie Darrieussecq, Philippe Delerm, et quelques surprises.

    Un spectacle d’une grande délicatesse qui ravira les amateurs de poésie et de musique classique.

    Public : Tout public à partir de 12 ans
    Lieu : Auditorium
    Places : Limitées à 100 personnes
    Accès : Libre dans la limite des places disponibles


    19h30 – 20h00 : Clôture et verre de l’amitié

    Nous clôturerons cette belle journée par un verre de l’amitié dans le hall de la médiathèque.

    Ce sera l’occasion de se retrouver, d’échanger nos impressions sur cette journée, de partager nos découvertes, et de prolonger les conversations autour d’un verre et de quelques amuse-bouches.

    Nous profiterons aussi de ce moment pour vous présenter les prochains événements de la médiathèque et recueillir vos suggestions pour l’édition 2027 de la Journée mondiale du livre !

    Public : Tout public
    Lieu : Hall d’accueil
    Accès : Libre


    Informations pratiques

    Date : Mercredi 23 avril 2026
    Horaires : 10h00 – 20h00 (ouverture exceptionnelle en continu)
    Lieu : Médiathèque André Michaud, 15 rue de la Culture, 51100 Reims
    Tarif : Toutes les animations sont gratuites
    Inscription : Certaines activités nécessitent une inscription (voir détails ci-dessus)

    Comment s’inscrire :

    Contact :

    Accessibilité : La médiathèque est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite (ascenseur, rampe d’accès). Si vous avez des besoins spécifiques, n’hésitez pas à nous contacter en amont.

    Restauration : Pas de restauration sur place, mais vous pouvez apporter votre pique-nique pour le déjeuner dans le jardin (12h-14h). Plusieurs cafés et restaurants se trouvent à proximité immédiate.

    Parking : Parking gratuit à 100m (Parking de la Culture, 50 places)


    Pourquoi célébrer la Journée mondiale du livre ?

    Au-delà du programme festif, cette journée a une dimension symbolique forte. Elle nous rappelle que le livre est bien plus qu’un simple objet : c’est un vecteur de culture, d’émancipation, de dialogue.

    Dans un monde où les écrans occupent une place toujours plus importante, où l’information circule à une vitesse vertigineuse, le livre reste ce lieu unique de lenteur, de profondeur, de concentration. Lire un livre, c’est s’offrir un temps suspendu, un espace de liberté intérieure.

    La Journée mondiale du livre, c’est aussi l’occasion de rappeler que l’accès au livre et à la lecture n’est pas un luxe, mais un droit fondamental. Un droit qui n’est malheureusement pas garanti partout dans le monde, et que même dans nos sociétés développées, des inégalités persistent.

    En célébrant le livre, nous célébrons aussi la liberté d’expression, la diversité culturelle, le droit à l’éducation. Nous rappelons que les auteurs méritent d’être rémunérés justement pour leur travail, que les librairies indépendantes et les bibliothèques jouent un rôle essentiel dans nos vies culturelles.


    Et après le 23 avril ?

    Cette Journée mondiale du livre n’est qu’un temps fort dans la vie de la médiathèque. Tout au long de l’année, nous vous proposons des animations régulières :

    Tous les mercredis :

    • 10h30 : Heure du conte pour les 3-6 ans
    • 15h00 : Atelier créatif pour les 6-12 ans

    Un samedi par mois :

    • Club de lecture adultes (premier samedi, 15h)
    • Rencontre d’auteur ou conférence (troisième samedi, 18h)

    Pendant les vacances scolaires :

    • Programme spécial jeunesse avec ateliers quotidiens

    Consultez notre agenda en ligne ou abonnez-vous à notre newsletter pour ne rien manquer !


    Devenez partenaire de l’événement

    Vous êtes auteur, éditeur, libraire, association culturelle et vous souhaitez vous associer à cette journée ? Contactez-nous !

    Nous cherchons également des bénévoles pour nous aider le jour J (accueil, gestion du troc de livres, aide logistique). Si vous souhaitez participer à l’aventure, faites-nous signe !


    Conclusion

    Le 23 avril 2026, la Médiathèque André Michaud se transformera en un grand village du livre où lecteurs de tous âges pourront se retrouver, partager, découvrir, créer.

    Que vous veniez pour une heure ou pour toute la journée, seul, en famille ou entre amis, vous êtes les bienvenus. Cette journée est la vôtre, celle de tous les amoureux des livres et de la lecture.

    Alors notez dès maintenant la date dans vos agendas : mercredi 23 avril 2026, de 10h à 20h, à la Médiathèque André Michaud.

    Et d’ici là, continuez à lire, à rêver, à voyager à travers les pages. Car comme le disait si bien Jorge Luis Borges : « Je me suis toujours imaginé le Paradis comme une sorte de bibliothèque. »

    À très bientôt !

    Luc Bernard
    Bibliothécaire secteur jeunesse et BD
    Médiathèque André Michaud